Gilles Mougenot
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Gilles Mougenot (Argos Wituy) estime que les perspectives de cette classe d’actifs restent attractives, mais que l’écart de performance avec les actions cotées devrait se réduire. L’indice Argos Mid-Market indique un début de tassement du prix des transactions durant le dernier trimestre. 

Dans le domaine du private equity, Argos Wityu s’est constitué un historique de performance attractif durant les 20 dernières années. « Nous sommes avant tout une société de capital-investissement spécialisée sur les transactions de leverage buy-out, soit l’acquisition de sociétés par endettement », souligne Gilles Mougenot (Partner chez Argos Wityu). Depuis sa création en 1989, Argos Wityu a réalisé 75 opérations avec des actifs sous gestion qui approchent désormais 1 milliard d’euros. 

Dans la pratique, le groupe propose des fonds fermés à avec une échéance de 8 et 10 ans, l’argent déposé par les investisseurs institutionnels étant utilisé pour prendre de 10 à 20 participations majoritaires comprises entre 10 et 100 millions d’euros. « Nous sommes aujourd’hui à notre septième fonds, avec un portefeuille qui est aujourd’hui investi à 60% », indique Gilles Mougenot. « Le but sera d’avoir revendu toutes les participations au bout de 8 ans, même si ce ne sera pas toujours possible, tandis que nous serons parfois forcés de revendre des sociétés que nous aurions bien aimé continuer à développer ». 

Valeur ajoutée

« Nous sommes impliqués dans des opérations qui sont généralement d’une taille assez importante par rapport aux business angels ou aux sociétés de venture capital, dans des problématiques liées à la succession des fondateurs ou à la mise en vente de filiales non stratégiques de plus grands groupes. En outre, dans la mesure du possible, nous cherchons également à conserver les anciens propriétaires à nos côtés, et à ouvrir le capital aux employés ». 

Sur le marché belge, le groupe a réalisé deux opérations en 2015, à savoir la privatisation partielle de Lineas (anciennement B-Logistics) et l’acquisition de Gantrex. « L’opération Lineas est un peu particulière, car investir dans une société publique constitue toujours un défi, notamment pour convaincre des salariés statutaires d’accepter un statut privé ». 

Une fois l’acquisition réalisée, Argos Wityu nommera généralement un manager à la tête de la société, avec pour objectif de remettre la société sur les rails, de promouvoir le développement, pour en définitive la vendre au bout de 2 à 8 ans. « Le redressement sera souvent lié à la qualité du gestionnaire qui sera mis en place », souligne encore Gilles Mougenot. « Nous souhaitons apporter une vraie valeur ajoutée aux sociétés dans lesquelles nous investissons ». 

Indice

Argos publie également depuis 2006 un indice destiné à suivre l’évolution des prix des transactions sur le marché du private equity européen, en collaboration avec Epsilon Research. Argos Mid-Market index est publié sur base trimestrielle, et reprend plus spécifiquement les opérations visant à prendre une participation majoritaire dans les sociétés cibles, avec des tailles comprises entre 15 et 500 millions d’euros, soit entre 500 et 600 sociétés par trimestre. Il fait également la distinction entre les opérations réalisées par les entreprises cotées et celles réalisées par des acteurs spécialises. 

« Le dernier indice publié montre une prudence plus affirmée de la part des acteurs spécialisés, avec un tassement par rapport au trimestre précédent ». Gilles Mougenot estime que le contexte économique pousse les acteurs spécialisés à davantage de prudence. « La crise financière de 2008 nous a beaucoup affecté, et les niveaux d’endettement sont devenus beaucoup plus raisonnables. Avec la hausse des taux anticipée durant les prochaines années, la valorisation des opérations devrait refluer ». Il souligne que la valorisation des portefeuilles de private equity est de plus en plus liée à l’évolution du marché, au prix des transactions similaires qui sont réalisées au niveau des entreprises cotées. « Ce n’était pas spécialement le cas il y a 10 ans ».

Les assureurs européens considèrent de plus en plus les placements non liquides et le private equity comme des placements alternatifs sur le long terme. « Cette classe d’actifs a démontré sa capacité à dégager un rendement attractif. Je ne pense pas que la modération actuelle sera de nature à remettre en cause les perspectives du private equity, même si le rendement devrait se modérer par rapport aux classes d’actifs traditionnelles ». 

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