L’année dernière, les lecteurs Belgique d’Investment Officer ont manifesté un vif intérêt pour la banque privée. L’aperçu des 10 articles les plus lus en 2025 montre que les lecteurs étaient principalement intéressés par les personnes, l’organisation et les défis stratégiques du secteur.
Pas moins de quatre articles sur la banque privée se sont hissés dans le top dix des articles les plus lus. L’accent était principalement mis sur la recherche de talents dans un secteur marqué par des pénuries. L’article le plus lu de l’année concernait le « hunter », profil le plus recherché par les banques privées. Les banquiers relationnels qui « chassent » les nouveaux clients se sont révélés rares et coûteux, mais indispensables sur un marché où la croissance organique devient de plus en plus difficile.
Les lecteurs étaient également curieux de savoir combien gagnent les banquiers aujourd’hui. La revue des salaires de Page Executive, qui évalue les salaires des banquiers privés – des plus jeunes aux plus expérimentés – a attiré de nombreux lecteurs. Avec moins de cinq ans d’expérience, le plafond salarial se situe autour de 70 000 euros. Les banquiers privés qui exercent la profession depuis dix ans peuvent facilement espérer une rémunération de 120 000 euros.
Le personnel expérimenté est rare et peut se révéler de plus en plus exigeant. Dans le même temps, une génération plus âgée est sur le point de prendre sa retraite et le nombre de jeunes talents pour prendre la relève est limité. Cela crée un marché concurrentiel où l’intérêt pour les jeunes talents est croissant. Le profil du banquier privé évolue, comme le montre le portrait de Pauline Laevens, banquière privée de 28 ans. Les conseils vont bien au-delà du simple remplissage d’un portefeuille d’investissement. Les clients attendent un accompagnement pour la gestion de l’ensemble de leur patrimoine et à chaque étape d’une nouvelle phase de vie. À cet égard, la jeune génération manifeste un intérêt plus marqué pour l’investissement durable.
Bien que la jeune génération soit familiarisée avec l’informatique, comme les clients plus âgés, elle préfère encore le contact personnel lorsqu’il s’agit de prendre des décisions financières importantes. C’est pourquoi les banques privées continuent d’ouvrir de nouvelles succursales régionales malgré l’omniprésence du numérique. Une présence physique dans la région, de préférence dans un bâtiment connu, reste donc un atout commercial important.
Une croissance exceptionnelle
Outre le talent, la croissance a également attiré l’attention. Mercier Van Lanschot a évoqué une « croissance exceptionnelle », des chiffres qui ne sont pas passés inaperçus dans le secteur. Les actifs sous gestion ont augmenté de 17 % pour atteindre 149 milliards d’euros, dont 2,2 milliards d’euros chez Private Clients Belgique. La forte croissance en Belgique a conduit Van Lanschot Kempen à nommer le CEO Thomas Vanderlinden au Conseil d’administration, avec la responsabilité de Private Clients Belgique.
La croissance exige des choix. Argenta a resserré ses liens avec son partenaire DPAM en acquérant la totalité de la participation de 25 % dans la joint venture Arvestar. La collaboration opérationnelle se poursuivra, mais Argenta opte délibérément pour une plus grande autonomie dans la gestion de ses fonds d’épargne-pension de 3,5 milliards d’euros. La simplicité des investissements et de la structure de gestion d’actifs est au cœur de cette démarche. Argenta est l’unique actionnaire d’Arvestar Asset Management et un accord renouvelé avec DPAM assure la gestion financière des fonds Arvestar.
Ce choix de la simplicité et de l’autonomie est en train d’être finalisé. Argenta regroupe ses activités de gestion d’actifs belges et luxembourgeoises au sein d’une seule et même société de fonds, avec 18 milliards d’euros d’actifs sous gestion. La société opérera depuis Anvers sous le nom d’Argenta Asset Management à partir du 1er janvier 2026. Sous la direction du CEO Hugo Lasat, le groupe est ainsi bien placé pour poursuivre sa croissance sur le marché belge.
La simplicité est également gage de clarté, en particulier dans un contexte d’incertitude fiscale. Belfius AM a donc décidé de transférer six fonds communs de placement (FCP) – véhicules d’investissement sans personnalité juridique propre – à Fullinvest. Fullinvest est une Sicav (société d’investissement à capital variable) et possède une personnalité juridique propre. Belfius AM a ainsi anticipé l’imminente taxe sur les plus-values, qui entre en principe en vigueur le 1er janvier, mais dont la perception ne commencera probablement qu’à partir du 1er juillet.
Taxe Reynders
La nouvelle taxe sur les plus-values de 10 % a été au centre de nombreuses réunions de rédaction et consultations avec les clients. Contrairement aux attentes, la taxe Reynders reste en vigueur, ce qui entraîne une combinaison complexe de taxes sur les fonds mixtes. Cette complexité croissante risque de dissuader les investisseurs, selon des sources du secteur.
Alors qu’un excès de réglementation peut conduire à une complexité inutile, un manque de réglementation crée en revanche un environnement confus. Le nombre de family offices en Belgique est en augmentation, mais l’absence d’un cadre clair laisse également le champ libre aux « cow-boys ». Cela explique l’attention portée à la création de la Belgian Family Office Association. Les familles fortunées ne recherchent plus seulement de bons investissements, mais aussi des conseils intégrés en matière de fiscalité, de gouvernance et de planification successorale. Cette nouvelle structure vise à définir la profession de family officer et à fournir une plateforme de meilleures pratiques, dans le but de professionnaliser davantage ce marché de niche.
Top 15 des articles Investment Officer les plus lus en 2025
- Le « hunter » est le profil le plus recherché dans les banques privées
- Argenta se distancie de DPAM, son partenaire de gestion de fonds
- « Croissance exceptionnelle » pour Mercier Van Lanschot
- Page Executive : le salaire d’un banquier privé, du junior à l’expérimenté
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- Les banques privées se concentrent davantage sur le marché local avec des agences flambant neuves
- Belfius AM rationalise sa gamme de fonds
- Argenta Asset Management prête à l’offensive après son remaniement
- Le maintien de la taxe Reynders mal digéré par le secteur des fonds
- Lancement de l’organisation faîtière belge du secteur des family offices