Les investisseurs se doivent de décarboner pour respecter les objectifs zéro carbone, et nombre d’entre eux ont commencé en excluant les producteurs de charbon de leurs portefeuilles. Mais cela ne règlera pas le problème.
Désinvestir constitue une solution facile et rapide, puisque vendre une position très émettrice réduit immédiatement l’empreinte carbone d’un portefeuille. Mais elle ne répond pas au défi plus large de décarboner l’activité économique sous-jacente dans laquelle l’entreprise est engagée. En effet, désinvestir revient à déplacer le problème d’un investisseur à un autre : de nombreux actifs fossiles supprimés ou exclus des portefeuilles sont rachetés par d’autres investisseurs. Ils passent souvent aux mains du privé et échappent à tout examen public. « Décarboner un portefeuille financier ne signifie pas décarboner le monde réel. Alors qu’en fin de compte, c’est le monde réel qui importe », commente Masja Zandbergen, responsable de l’intégration ESG.
Investir dans des solutions durables
Désinvestir pour réduire l’empreinte carbone d’un portefeuille signifie uniquement que le carbone finit dans le portefeuille d’un autre investisseur, tandis que le monde reste le même. C’est pourquoi il est important d’entretenir aussi un dialogue actionnarial avec les entreprises concernées, afin que la décarbonation devienne réellement un élément de leur stratégie commerciale.
La décarbonation doit être intégrée à la façon dont les firmes envisagent la création de valeur à long terme. Il s’agit de l’essence même de la décarbonation, à savoir qu’il existe un nouveau business model basé sur l’économie bas carbone.
La décarbonation doit être massive pour respecter l’Accord de Paris, dont l’objectif est de maintenir la hausse de la température mondiale moyenne en dessous de 2 °C d’ici 2100. Effrayant, d’autant que les gaz à effet de serre continuent d’augmenter. Mais le plus grand risque pour le climat est peut-être de ne pas voir les opportunités. Pour limiter les dégâts, les investisseurs doivent assumer leur rôle. Selon nous, la plus grande menace climatique est de ne pas investir dans l’innovation et les entreprises pouvant nous aider à inverser le mouvement. L’innovation dans les énergies renouvelables, l’électrification mondiale et toutes les innovations qui favorisent la transition vers une économie plus circulaire.
Robeco lance la newsletter spécial Climat
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