ABN Amro
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ABN Amro prévoit une récession profonde dans la zone euro et au Royaume-Uni l’année prochaine si la Russie stoppe brutalement l’approvisionnement en gaz. ING qualifie aussi une crise du gaz comme « un des principaux risques pour la zone euro ».

Le bureau économique d’ABN Amro prévoit un scénario sombre pour les économies de la zone euro. Selon cette grande banque, il semble que la Russie va stopper brutalement les livraisons de gaz à l’Europe. « Si c’est le cas, une ‹profonde récession pourrait frapper la zone euro et le Royaume-Uni l’année prochaine›. »

ABN Amro a fortement réduit ses perspectives de croissance et son scénario de base pour 2023 prévoit une stagnation des deux côtés de l’océan Atlantique. Ces révisions à la baisse des perspectives de croissance du PIB, de plus de deux points de pourcentage, font suite à la hausse mondiale des taux, conséquence de l’inflation persistante.

C’est principalement la forte hausse des prix de l’énergie et des prix alimentaires, et leur effet sur la demande finale intérieure, qui a joué un rôle important dans cette décision de la banque. ABN Amro : « Un arrêt brutal des livraisons de gaz par la Russie assombrirait encore le scénario. »

Même si la banque ne l’a pas encore intégré dans son scénario de base, elle estime qu’il est possible que la Russie coupe complètement l’approvisionnement en gaz du continent européen à court terme, devançant les plans européens de réduire progressivement les importations de gaz russe jusqu’à zéro. Selon les économistes d’ABN Amro, un arrêt total des livraisons de gaz poserait de sérieux problèmes et entraînerait des pénuries, notamment en Allemagne et en Italie.

Les modèles d’entreprise peuvent devenir obsolètes

« Le choc de l’offre entraîne deux effets immédiats : les prix de l’énergie augmentent et l’utilisation de l’énergie par l’industrie est rationnée par une réglementation gouvernementale visant à protéger la consommation énergétique des ménages et des secteurs essentiels. Les secteurs intensifs en énergie qui sont considérés moins importants pour la consommation intérieure seront les premiers à fermer », poursuit le bureau économique d’ABN Amro.  

Dans le cas d’un choc des prix, certains modèles d’entreprise pourraient devenir obsolètes à cause de l’érosion des marges, qui entraîneront des pertes et, finalement, des faillites, déclare la banque. « L’effet direct de la mise à l’arrêt dans l’industrie se traduit dans une perte de production, y compris indirecte, même dans les secteurs qui ne sont pas intensifs en énergie, par le biais des maillons de la chaîne d’approvisionnement. »

La perception de Bert Colijn, économiste senior chez ING, est également sombre. « La crise du gaz est une épée de Damoclès suspendue au-dessus du marché, un des principaux risques pour la zone euro », nous explique-t-il dans un entretien avec Investment Officer.

Mauvais temps pour l’Allemagne

La balance commerciale allemande négative illustre l’ampleur des difficultés de la zone euro à faire face à la hausse des coûts du pétrole et du gaz. Nous avons appris lundi que, pour la première fois depuis 1991, elle semble être passée en négatif entre avril et mai.  
 
Colijn : « Les prix ont fortement augmenté à l’étranger et cela pèse fortement sur cette balance. La mauvaise nouvelle est que les exportations, en nominal, ont également reculé, mais ces chiffres ne sont pas corrigés pour l’inflation. Les chaînes d’approvisionnement toujours perturbées mettent à mal l’industrie manufacturière allemande. Alors que maintenant la demande de produits allemands faiblit également, les craintes pour l’économie allemande me semblent justifiées à l’heure actuelle. »

Différentes études estiment que les conséquences économiques sur la croissance du PIB d’un arrêt total des exportations de gaz russe vers l’Allemagne entraîneraient des pertes de 0,3 pour cent à 12 pour cent. Selon le bureau économique d’ABN Amro, ces résultats divergents s’expliquent par des hypothèses différentes sur la possibilité de substituer au gaz russe du gaz et des produits gaziers provenant de sources non russes.

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