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Les fonds d’actions durables sont désormais monnaie courante, ceux consacrés aux obligations durables sont bien plus rares, même si leur nombre augmente. Près de 300 milliards de dollars d’obligations vertes ont été émises en 2020. Les fonds d’obligations vertes affichent toutefois un risque de crédit plus important que les fonds obligataires traditionnels. Thomas De Fauw, de Morningstar, consacre le top 5 de cette semaine aux fonds d’obligations vertes. 

Une obligation verte est un emprunt émis par une entité gouvernementale ou une entreprise et qui sert exclusivement à financer des projets liés à l’environnement ou au climat (énergies, bâtiments durables) – en théorie, donc, uniquement le « E » de ESG

Moins de 15 ans après l’émission de la première obligation verte, en 2007, près de 300 milliards de dollars de ce type d’emprunts ont été émis en 2020. Malgré cette belle croissance, le segment reste une niche : il représentait seulement 1 % du marché obligataire total en juin 2021, selon les analystes de Morningstar.

Le fait que la majorité de ces titres soient émis par les pouvoirs publics européens n’a rien d’étonnant : l’Union européenne est précurseur en la matière, puisqu’elle s’est fixé pour objectif la neutralité carbone en 2050. Le 12 octobre 2021, la Commission européenne a ainsi émis 12 milliards d’euros d’obligations vertes, afin de financer une partie de son fonds de relance post-crise. Il s’agit de la plus importante émission d’obligations vertes jamais enregistrée dans le monde. Le tableau est en revanche moins réjouissant hors d’Europe ; aux États-Unis, par exemple, le gouvernement n’a aucun plan concret en matière d’émissions vertes. 

Le premier emprunt souverain vert mondial a été émis par la Pologne en décembre 2016. Toutefois, l’émission d’obligations vertes dans les marchés émergents est restée inférieure aux attentes, avec 210 milliards de dollars depuis 2014 et 47 milliards de dollars en 2020, selon la CBI (Climate Bonds Initiative). La Chine représente 71 % des émissions totales d’obligations vertes de la sphère émergente, et prend la troisième place mondiale en termes de volumes émis, après les États-Unis (obligations d’entreprises vertes) et la France.

Si les investisseurs optent actuellement pour des fonds d’obligations vertes, c’est surtout pour ajouter de l’impact à leur portefeuille et non pour remplacer les placements traditionnels à revenu fixe. Les fonds d’obligations vertes affichent toutefois un risque de crédit plus important que les fonds obligataires traditionnels, qui comportent une part supérieure de dette souveraine. En outre, ils sont plus exposés à l’euro. 

Le top 5

Morningstar a identifié 76 stratégies obligataires vertes (67 actives, 9 passives) à travers le monde, pour un actif sous gestion de quelque 25 milliards de dollars fin mai 2021. Pour le top 5 de cette semaine, Thomas De Fauw passe en revue les fonds investissant dans la catégorie et identifie les meilleures performances sur les onze premiers mois de 2021. 

Premier constat : peu de fonds ont un historique supérieur à trois ans, ce qui montre que ce marché, jeune, est en plein essor.

La première place revient au fonds Amundi Funds Emerging Markets Green Bond, lancé en juillet 2020, qui affiche un encours de 680 millions de dollars. Il s’agit du seul fonds d’obligations vertes de la liste à mettre l’accent sur les marchés émergents. Fin octobre 2021, le fonds avait notamment investi 15,5 % de son actif au Brésil, 14,2 % en Inde et 11 % en Chine. Le portefeuille compte une majorité d’obligations d’entreprises (77,1 %), dont 30 % environ d’acteurs des services aux collectivités et le reste, réparti dans des emprunts d’État des marchés émergents. Au vu de la spécialisation géographique, il est logique que plus de la moitié du portefeuille soit composée d’obligations à haut rendement, dont la notation de crédit moyenne est BB+. 

Le fonds est géré par Maxim Vydrine, Sergei Strigo et Paolo Cei, qui se concentrent sur les objectifs climatiques et environnementaux, ainsi que les perspectives financières. Pour Thomas De Fauw, « le fonds investit au moins 75 % de son actif dans un portefeuille diversifié d’obligations vertes des marchés émergents libellées en dollars ou autres monnaies des pays de l’OCDE. Maxim Vydrine travaille depuis 2007 chez le gérant français, tout d’abord en tant qu’analyste, puis en tant que gérant de portefeuille ciblant les marchés émergents. À la barre avec lui, Sergei Strigo a également consacré sa carrière aux marchés émergents. » 

Loin derrière, la deuxième place revient au fonds Franklin Green Target Income 2024, qui investit principalement dans des obligations de sociétés présentant, au moment de l’investissement, un rendement prédéterminé jusqu’à son échéance en novembre 2024. L’analyste de Morningstar explique que « le fonds est investi à 84 % dans des obligations d’entreprises européennes (notamment Rabobank, aux Pays-Bas, ASR Nederland et NN Group). Fin octobre 2021, la stratégie surpondérait les crédits BB à hauteur de 31 points de pourcentage par rapport à la catégorie Morningstar des obligations à échéance fixe, et n’était quasiment pas exposée au segment AAA-A du marché. Les deux gérants sont David Zahn et Rod MacPhee. »

 

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