L’argument selon lequel les fonds durables sont forcément plus onéreux que les fonds traditionnels, du fait des coûts supplémentaires engendrés par les études de durabilité, n’est pas forcément fondé. Et cela vaut pour les fonds actifs et les fonds passifs. La réglementation européenne répartit les fonds durables en deux catégories : ceux relevant de l’article 8 et ceux relevant de l’article 9. Dans la deuxième catégorie, nous établissons un classement des options les moins onéreuses parmi les fonds d’actions internationales de grandes capitalisations.
Le Règlement (UE) 2019/2088 du Parlement Européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR) catégorise les fonds en trois groupes, sur la base de leurs objectifs de durabilité et des exigences de publication des informations liées à la durabilité ; les plus durables sont ceux relevant de l’article 9. Ils se sont en effet fixé l’investissement durable comme objectif spécifique, et on les qualifie de « fonds vert foncé ». Entrent notamment dans ce cadre de nombreuses stratégies axées sur le climat et fonds d’impact, soit les fonds qui ne se contentent pas de mettre l’accent sur le rendement financier, mais apportent aussi une contribution positive à la société et/ ou à l’environnement.
À l’inverse, les fonds article 8 ont simplement pour objectif de favoriser certains aspects écologiques et sociaux ; on leur attribue la couleur vert clair. Enfin, l’article 6 englobe tous les fonds qui n’ont pas d’objectif de durabilité spécifique ou explicite.
Tout comme pour les fonds d’investissement traditionnels, les coûts jouent un rôle dans le rendement final des fonds durables. Dans la mesure où ces derniers sont déduits du résultat brut, plus ils sont élevés, plus il est difficile, pour un gérant, de surperformer l’indice de référence. En outre, des différences de coûts même minimes pèsent fortement sur le rendement final obtenu par un investisseur, en raison de l’effet des intérêts composés. Ainsi, pour une performance brute de 6 %, un fonds dont les coûts sont de 1,5 % affiche un résultat inférieur de 9,1 % à celui d’un fonds dont les coûts sont de 1 % sur 20 ans.
L’on pense souvent que les fonds durables sont plus onéreux que les fonds traditionnels. Outre les coûts de la recherche financière nécessaire pour la sélection des titres, les fonds durables requièrent un niveau additionnel de recherche. L’intégration de facteurs de durabilité génère des coûts supplémentaires pour la société de gestion, et ces derniers sont parfois refacturés à l’investisseur final. Et pourtant, la conclusion n’est pas aussi évidente qu’il paraît. Une étude menée il y a quelques années par Morningstar montre que les fonds d’actions durables actifs en Europe étaient en moyenne un peu moins onéreux que leurs variantes traditionnelles.
En termes d’investissements passifs, la durabilité n’entraîne pas forcément de coûts supplémentaires non plus. Comparons par exemple l’ETF iShares MSCI World et l’ETF iShares MSCI World SRI. L’ETF traditionnel affiche des frais de gestion de 0,50 %, tandis que la version durable est commercialisée avec des frais de 0,20 %.
Le top 5 de cette semaine présente les cinq fonds d’actions mondiales de grandes capitalisations qui relèvent de l’article 9 du SFDR et affichent les frais les moins importants.
Avec des frais de gestion de 0,46 %, le fonds AXA World Funds – Global Factors – Sustainable Equity est le moins onéreux, et prend donc la tête du classement. Il est assorti d’une notation Morningstar Analyst Rating Silver. La stratégie est basée sur une approche quantitative mettant l’accent sur une faible volatilité et des entreprises de grande qualité. Elle intègre aussi des critères de durabilité, en vertu desquels certains secteurs (dont le tabac et les armes à sous-munitions) sont totalement exclus, tandis que les actions restantes sont classées sur la base de leurs performances en matière d’ESG. Il en résulte un portefeuille très diversifié, qui comptait pas moins de 336 positions fin juillet 2022.
Le fonds est géré par Gideon Smith et Ram Rasaratnam. Le premier est directeur international des investissements et directeur de la recherche chez AXA IM Equity QI, une branche d’AXA Investment Managers spécialisée dans les stratégies quantitatives. Ram Rasaratnam est quant à lui co-directeur des investissements pour les fonds d’actions quantitatifs.
BE
