Hors États-Unis, 2019 sera moins flamboyante que les années précédentes. Tel est ce qu’a déclaré Maxime Alimi, stratège en chef d’Axa Investment Managers, lors d’une réunion à Bruxelles durant laquelle il a exposé ses attentes pour 2019. « Les investisseurs auront besoin d’un bon radar de risque. »
Les attentes de rendement élevées de ces dernières années peuvent conduire de nombreux investisseurs à ignorer les risques qui se profilent à l’horizon. Selon le stratège, la hausse boursière sans précédent de ces dernières années a été principalement à l’origine de la politique de soutien des banques centrales.
Mouvement inverse
« Ces dernières années, cette politique s’est avérée efficace non seulement pour les obligations d’État rachetées, mais aussi pour la quasi-totalité du marché financier. Maintenant que cette politique touche à sa fin, il y a de bonnes chances qu’on assiste à un mouvement inverse ; la fin de l’assouplissement quantitatif exerce une pression à la baisse sur pratiquement toutes les catégories d’actifs. »
Sept années de vaches grasses sont généralement suivies de sept années de vaches maigres, déclare Alimi concernant l’état actuel des marchés. Dans le passé, les valorisations trop élevées ont toujours conduit à des rendements inférieurs et, selon Alimi, il n’en va pas autrement aujourd’hui.
« La volatilité a été anormalement faible ces dernières années, ce qui va se normaliser. Nous nous trouvons également dans une situation où la diversification ne produira pas nécessairement l’effet souhaité car la corrélation entre les différentes classes d’actifs est anormalement élevée. »
Rendements modestes
Il devient donc difficile de reprendre son souffle calmement jusqu’à ce que la plus grosse tempête se soit calmée, estime-t-il. « Les obligations n’offriront que peu de protection contre la chute des cours boursiers. C’était déjà le cas le mois dernier, lorsque la hausse des taux d’intérêt a poussé aussi bien les obligations que les actions à la baisse. Certaines devises, comme le yen japonais, peuvent encore peut-être apporter un certain soulagement, tout comme parier sur une volatilité croissante. »
En octobre, Axa a encore bénéficié de la baisse du marché en renforçant sa position sur les actions américaines, mais reste globalement neutre sur les actions.
« Malgré le fait que nous devrons nous contenter de rendements plus modestes, les actions mondiales demeurent le meilleur espoir d’exposition à la croissance. L’Amérique reste provisoirement la meilleure cachette et les marchés émergents vont se stabiliser, du moins si le dollar ne monte pas trop vite. »
Pour l’instant, la société de fonds reste sous-pondérée en obligations, mais Alimi voit des opportunités dans les obligations des pays émergents. « Leurs devises sont devenues très bon marché par rapport au dollar, ce qui rend le risque de change acceptable. »
Europe
En ce qui concerne l’Europe, le stratège estime que les politiciens italiens ravaleront leurs déclarations audacieuses. Selon lui, le pays est à la fois ‘too big to fail’ et ‘too big to save’, ce qui devrait finalement conduire au bon sens.
Néanmoins, Alimi estime que la prudence reste de mise. « L’Italie ne fera pas faillite au cours des deux prochaines années, ce qui rend les obligations italiennes intéressantes à court terme. Toutefois, le pays demeure extrêmement vulnérable en raison de son énorme dette. »
Selon le stratège, d’autres risques sont l’augmentation de la pression inflationniste, le surendettement des entreprises, les guerres commerciales, un Brexit dur inattendu et, à long terme, une montée mondiale du populisme.