Data-analyse
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Pendant des années, les actions à dividende ont été très prisées des investisseurs en raison de leur rendement de dividende élevé, rendu plus attrayant par la baisse des taux obligataires. Mais les derniers mois ont montré que les investissements dans des actions à dividende et la quête d’un rendement toujours plus élevé ne sont pas sans risque. Le top 5 de cette semaine porte sur les fonds d’actions internationales à dividende, sur la base de leur rendement depuis le début de l’année.

La composante défensive d’un portefeuille d’actions vise généralement à apporter une certaine stabilité dans les temps difficiles. Mais les fonds à dividende n’ont pas pu remplir ce rôle pendant la crise actuelle, en raison de la tourmente dans laquelle sont pris les marchés. Dans ce top 5, Jeffrey Schumacher, analyste chez Morningstar, fait un point sur les facteurs qui ont fortement touché les fonds à dividende et la réaction de ces différents types de fonds.

La propagation rapide du coronavirus et les mesures de confinement prises pour le contenir ont mis à l’arrêt l’économie mondiale. Les entreprises ont perdu une grande partie de leur chiffre d’affaires du jour au lendemain et dépendent souvent du filet de sécurité que s’efforcent tant bien que mal de mettre en place les banques centrales et les gouvernements. Le préjudice économique est énorme. Les compagnies aériennes et les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, de la vente de détail, mais aussi les constructeurs automobiles, devront notamment se battre pour survivre à cette crise. 

Face à cette situation extrême, les entreprises prennent des décisions difficiles et doivent parfois revenir sur leur politique de dividende afin de renforcer leur bilan et d’augmenter leur marge de sécurité. Certaines entreprises y sont contraintes, mais d’autres choisissent volontairement de réduire leur dividende alors qu’elles pourraient le verser. 

Le krach pétrolier

L’effondrement du cours pétrolier est un autre facteur qui a lourdement pénalisé les portefeuilles d’actions à dividende. Le secteur a en effet fait les frais d’une situation unique associant baisse généralisée de la demande en raison des mesures de confinement et nette suroffre. En conflit avec la Russie, l’Arabie saoudite a largement ouvert les vannes pétrolières, faisant imploser le cours de l’or noir – ce qui remet en cause la capacité des compagnies pétrolières à verser des dividendes. Jeudi, Shell a pris la décision d’abaisser son dividende, ce qui n’avait jamais été fait depuis 1940. 

Enfin, les banques centrales, les instances de réglementation et les gouvernements ont pressé les établissements financiers de reporter le versement de leurs dividendes – et ces derniers ont été nombreux à obtempérer. Avec tous ces facteurs, les fonds à dividende n’ont pu jouer leur rôle d’actifs sûrs et se sont trouvés en difficulté au cours du trimestre. 

L’indice MSCI ACWI High Dividend Yield a cédé 14 % entre le 1er janvier et le 27 avril ; il est donc resté dans l’ombre du MSCI ACWI, qui a abandonné 11,4 %. En moyenne, les gérants de la catégorie des actions mondiales à dividende ont perdu 15 % sur la période.

Une analyse des performances des différents fonds à dividende montre que les fonds très axés sur la valeur ont affiché les plus mauvaises performances, à l’inverse de ceux privilégiant les entreprises au bilan solide et bien positionnées sur le marché, qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu. Les valeurs refuges telles que les biens de consommation défensifs ou les entreprises actives dans les soins de santé affichaient souvent des valorisations trop élevées pour être intégrées au portefeuille des fonds axés sur la valeur. Ces derniers adoptent souvent un biais cyclique, avec des positions dans les entreprises industrielles, la finance, les compagnies pétrolières et les métaux de base. 

En outre, ces portefeuilles sous-pondèrent souvent fortement les actions américaines, au profit des titres européens et des marchés émergents. Or, les actions américaines ont été moins malmenées pendant la vague de dégagements. Le risque de baisse du dividende y est moins élevé, dans la mesure où les sociétés américaines versent généralement moins de dividendes et privilégient le rachat de leurs actions. Ces programmes de rachat ont été les premiers à être supprimés, ce qui augmente la probabilité du maintien du dividende grâce aux liquidités préservées. Enfin, les fonds qui préfèrent les petites capitalisations boursières se sont révélés plus fragiles que ceux axés sur les grandes valeurs établies.

Le top 5

La première place du top 5 des fonds d’actions internationales à dividende, sur la base de leur rendement entre le 1er janvier et le 27 avril, revient au fonds BL-Equities Dividend. Les gérants Jérémie Fastnacht et Guy Wagner adoptent une stratégie très prudente, qui met l’accent sur les actions de grande qualité. Plus de deux tiers du portefeuille est investi dans des actions peu cycliques. Les biens de consommation défensifs ont une pondération de 51 %. 

Les positions dans Unilever et Nestlé ont été ouvertes il y a plus de 10 ans, celles dans Colgate-Palmolive et PepsiCo ont récemment été relevées. Les gérants n’investissent pas dans les banques et les compagnies d’assurances, ni dans l’immobilier, l’énergie ou les services de communication. Les entreprises en portefeuille se caractérisent par un retour sur fonds propres supérieur à la moyenne, un excellent positionnement concurrentiel et, généralement, un bilan solide.

Le fonds Fidelity Global Dividend, assorti d’une notation Morningstar Analyst Rating Bronze, a aussi su limiter ses pertes. Son gérant Dan Roberts met l’accent sur les entreprises affichant un bilan solide et générant des flux de trésorerie importants, à la valorisation attrayante. Il étudie précisément les rapports des entreprises pour pouvoir juger le modèle d’activité, le bilan, l’allocation du capital et la volatilité du bénéfice et des flux de trésorerie. 

Son portefeuille est donc axé sur les valeurs de qualité, avec de surcroît un examen renforcé de l’endettement des entreprises ciblées, depuis l’année dernière. Sur cette base, Dan Roberts a donc décidé de vendre Asahi et British American Tobacco. 

Sa stratégie prospère généralement dans un contexte de marché difficile, car le bêta du portefeuille est structurellement maintenu sous 1. Malgré la sous-exposition aux actions américaines, le fonds a fait relativement belle figure pendant la vague de cessions. La sous-pondération de l’énergie, des matériaux de base et des biens de consommation cyclique a été fructueuse, tandis que les positions dans Roche, Johnson & Johnson et Kimberly Clark ont permis de rapporter des points depuis le début de l’année. 
 

Name

Return YTD EUR

Total Ret Annlzd 3 Yr (Mo-End) EUR

Std Dev 3 Yr (Mo-End) EUR

Morningstar Analyst Rating

Morningstar Rating Overall

ISIN

BL-Equities Dividend

-4.23

2.72

9.33

 

****

LU0309191657

Investec GSF Global Quality Eq Inc Fd

-4.90

1.13

11.74

 

*****

LU0545562505

Fidelity Global Dividend Fund

-8.33

1.59

10.21

Bronze

*****

LU1261431768

DWS Invest ESG Equity Income

-8.93

 

 

 

 

LU1616932940

BlackRock Systematic Glb Eq High Inc Fd

-9.01

-2.22

12.12

 

***

LU0265550359

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