
L’actif géré par la banque privée Mercier Van Lanschot a augmenté de 38 % en 2024, pour atteindre 15,1 milliards d’euros. À juste titre, dans son rapport annuel publié jeudi, le groupe néerlandais Van Lanschot Kempen évoque une « croissance exceptionnelle ».
2024 a été la première année complète pour la nouvelle marque bancaire, née de la fusion de Mercier Vanderlinden et Van Lanschot Belgium. La banque a réussi à attirer 2,2 milliards d’euros de nouveaux capitaux nets l’année dernière. L’actif sous gestion a également augmenté grâce aux bonnes performances du marché.
Le bénéfice d’exploitation de 37,8 millions d’euros pour 2024, soit 10 millions de plus que l’année précédente, suggère également que la banque rencontre peu de « problèmes de démarrage » en Belgique. Les coûts ont cependant augmenté, déclare Van Lanschot Kempen, en partie parce que 15 équivalents temps plein ont rejoint la banque. L’intégration du conseiller en investissement Accuro a également été onéreuse. Mais ces coûts plus élevés ont été compensés par des commissions plus importantes. Globalement, la marge (soit les commissions par rapport à l’actif sous gestion) est restée stable, à 80 points de base.
Gestion non discrétionnaire
Cette marge sur les activités de banque privée est plus faible aux Pays-Bas. En outre, elle y a baissé de 60 à 55 points de base au cours de l’année écoulée, indiquait la banque jeudi. Van Lanschot Kempen « croît plus rapidement que le marché » sur le segment néerlandais de la banque privée, lit-on dans le rapport annuel, mais la collecte nette de 2,1 milliards d’euros (pour un encours de 43,7 milliards d’euros) est moins spectaculaire que la croissance en Belgique.
De plus, cette croissance concerne principalement (88 %) la gestion d’actifs non discrétionnaire, et les marges sont plus faibles dans ce domaine, indique la banque. Selon Van Lanschot Kempen l’intégration d’Evi, la plate-forme en ligne rachetée à Robeco, explique aussi la contraction de la marge. Les investissements acquis ont été intégrés en 2023 ; or, leurs marges sont plus faibles.
Evi a par ailleurs connu des « sorties nettes modestes » en 2024. La hausse de 13 % de l’actif sous gestion, à 7,2 milliards d’euros, découle uniquement de la bonne performance du marché.
L’encours total de la banque a augmenté de 17 % pour atteindre 149 milliards d’euros en 2024 et le bénéfice net a bondi de près de 14 %, à 142 millions d’euros. La collecte nette s’est élevée à 9,2 milliards d’euros : 4,9 milliards d’euros pour la division Investment Management, 2,2 milliards d’euros pour Private Clients Belgique et 2,1 milliards d’euros pour Private Clients Pays-Bas.
Gestion fiduciaire
La contribution au bénéfice de la division Investment Management a augmenté de manière significative en 2024, passant de plus de 10 millions d’euros à près de 25 millions d’euros. L’augmentation des commissions a suivi celle de l’actif sous gestion (90,5 milliards d’euros), de sorte que la marge moyenne est restée stable à 15 points de base. L’essentiel de la croissance de l’actif sous gestion provient de la gestion fiduciaire pour le compte d’investisseurs institutionnels, avec un encours total de 73,4 milliards d’euros aujourd’hui. Les stratégies d’investissement propres à Van Lanschot Kempen ont augmenté de 0,5 milliard d’euros net, ce qui porte le total à 11,9 milliards d’euros. Sur ce montant, 3,5 milliards d’euros provenaient des clients « propres » de banque privée, complète la banque.
Les stratégies alternatives (capital-investissement, terres agricoles, immobilier) ont également progressé d’un demi-milliard d’euros en 2024, pour atteindre 5,2 milliards d’euros. Sur ces 5,2 milliards, 1,5 milliard d’euros de « placements alternatifs » ont trouvé preneur dans la clientèle banque privée de Van Lanschot Kempen.