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Le début de la fin de la mondialisation, la répression continue de l’appétit pour le risque et une possible augmentation des effets économiques : tel est ce qu’expriment les gestionnaires d’actifs au sujet des conséquences de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

« Alors que l’appétit pour le risque était encore alimenté la semaine dernière par le fait la Chine avait été invitée par Washington pour de nouvelles négociations commerciales, cet optimisme a rapidement disparu lorsque les États-Unis ont annoncé cette semaine qu’ils allaient taxer à 10 % encore 200 milliards de dollars supplémentaires en produits chinois », conclut Witold Bahrke de Nordea Asset Management après la nouvelle annonce des États-Unis et de la Chine en matière de droits de douane.

Selon le stratège, la moitié des importations chinoises aux États-Unis sont maintenant taxées, tandis que Trump menace d’imposer des droits de douane sur toutes les importations en provenance de Chine si cette dernière opte pour une riposte. ‹The trade war is currently living up to it’s name.›

Bien que les États-Unis n’aient jusqu’ici guère été affectés par les tensions, Bahrke estime que le commerce reste la grande inconnue en 2018, « car le reste du monde est tout sauf immunisé ». « Bien que la réaction modérée à court terme aux taxes supplémentaires suggère que beaucoup de choses avaient déjà été prises en compte, il est probable que d’autres taxes commerciales suivront dans les mois à venir. La guerre commerciale continuera donc à réprimer l’appétit pour le risque et à favoriser les actions américaines par rapport aux régions à forte valeur bêta pour le commerce mondial. »

Mondialisation

Le vice-président Chine de Credit Suisse Private Banking craint que les nouvelles mesures de l’Amérique et la réaction consécutive de la Chine ne marquent le début de la fin d’une « tendance plus globale appelée mondialisation, qui a conduit à une période de croissance rapide », déclare Tao Dong à l’agence de presse Bloomberg. 

D’autres économistes craignent également que la guerre commerciale ne pousse les deux plus grandes économies du monde vers une séparation. Avec à la clé un déplacement majeur dans les chaînes d’approvisionnement, déclare Michael Every de Rabobank à Bloomberg. Selon le responsable de l’étude sur les marchés financiers en Asie, le Vietnam, la Thaïlande et peut-être l’Inde et le Mexique en tireront un avantage. Dans l’intervalle, un camp Chine et un camp États-Unis se forme.

Effets économiques

Mercredi matin, ABN Amro a attiré l’attention sur les effets économiques croissants dans un rapport de marché. « D’un point de vue macroéconomique, l’impact des taxes de 25 % que les États-Unis et la Chine ont chacun introduit sur plus de 50 milliards de dollars en juillet et en août est assez limité. En cas d’escalade, cet effet augmentera », ajoute l’économiste Arjen van Dijkhuizen.

« Pour la Chine, 50 milliards de dollars correspondent à 10 pour cent des exportations vers les États-Unis en 2017, seulement 2 pour cent des exportations totales et 0,4 pour cent du PIB », explique l’économiste. « Maintenant que la base est augmentée de 200 milliards de dollars, ces proportions passent à 11 %, 49 % et 2 %, respectivement. Si les États-Unis décidaient de taxer toutes les importations en provenance de Chine, ces chiffres seraient 22 %, 100 % et 4 %. Une escalade de la guerre commerciale est donc le risque le plus important pour l’économie chinoise. »

 

 

 

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