Professor Joseph E. Stiglitz
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Joseph Stiglitz souligne la nécessité de soutenir la politique monétaire avec des initiatives fiscales plus ambitieuses, notamment sur le continent européen. Il se montre également inquiet pour l’indépendance de la Réserve Fédérale, et dresse un constat inquiétant de la société américaine. 

En marge de son dernier World Investment Forum organisé récemment à Paris, Amundi a accueilli  Joseph Stiglitz (Prix Nobel d’Economie) afin d’évoquer plusieurs sujets d’actualité, et au premier lieu les limites de le la politique monétaire menée ces dernières années dans les pays développés.

Il souligne qu’elle fait aujourd’hui face à ses limites, et qu’elle devra être soutenue dans le futur par une politique fiscale plus ambitieuse.  

Stimulus budgétaire

« Fondamentalement, la politique monétaire n’est pas réellement efficace dans une phase de ralentissement économique. Le réel problème vient de maintenir la disponibilité du crédit pour les petites et moyennes entreprises, et d’avoir besoin d’un encadrement règlementaire pour le système bancaire. »

« Les règlementations n’ont pas évolué de manière suffisamment profonde, et la tendance est même davantage à une baisse des mesures de contrôle à l’heure actuelle (au niveau américain) », constate encore Joseph Stiglitz. 

Au niveau européen, il souligne que « la situation actuelle pose des questions d’importance pour la zone euro. Il n’est pas surprenant de voir aujourd’hui des partis populistes arriver au pouvoir, et aucune réforme ne va améliorer le profil de croissance sur le court terme. »

« Macron va certainement chercher à ajouter du stimulus budgétaire, et l’Allemagne devrait également contribuer davantage ».

Il souligne également que l’Italie constitue un défi de taille pour les autorités européennes, qui ne devrait pas disparaître du jour au lendemain. 

Et de souligner que la politique monétaire menée par les autorités monétaires des pays développés a surtout pénaliser les épargnants qui dépendaient des taux obligataires pour augmenter leur patrimoine.

« Les vainqueurs ont été les actionnaires, soit ceux qui se trouvent tout en haut de la pyramide sociale ».

Ce fut particulièrement le cas aux Etats-Unis, où la Réserve Fédérale  est aujourd’hui menacée dans son indépendance. « Il existe un risque énorme que Donald Trump commette un acte sans précédent ».

Déclin américain 

Joseph Stiglitz dresse également un bilan relativement pessimiste de l’économie américaine. « Le revenu moyen est aujourd’hui au même niveau qu’il y a 42 ans. Et pour les plus faibles revenus, la situation est encore plus grave.

Dans le même temps, l’espérance de vie est en déclin en dépit du fait que le pays dispose des meilleures installations médicales au monde, en raison de l’alcoolisme et de la consommation de drogue. « Ce n’est pas le signe d’un pays qui va bien ».

Dans le même temps, les couches les plus jeunes de la population ont subi un recul de leurs revenus plus prononcé que dans n’importe quel autre pays développé. « Le modèle économique actuel n’est pas soutenable, et les Etats-Unis deviennent un pays de moins en moins dynamique ». 

Enfin Joseph Stiglitz souligne également le besoin de mettre sur place un modèle de société plus soutenable, qui passera en premier lieu par des investissements responsables dans des sociétés qui prennent les bonnes décisions.

« Ceci nécessite de s’éloigner du comportement parfois très court terme des marchés financiers. L’investissement responsable est aujourd’hui passé au sommet de l’agenda des marchés financiers » 

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