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L’économie américaine devrait ralentir cette année et revenir à sa moyenne à long terme. L’impact décroissant de la politique de relance du gouvernement Trump et de l’incertitude entourant le conflit commercial avec la Chine réduira l’écart de croissance entre les États-Unis et les autres pays développés.

L’une des conséquences du refroidissement aux États-Unis sera probablement que la Réserve fédérale resserrera moins rapidement sa politique, déclare Arif Husain, investisseur obligataire chez T. Rowe Price, dans une vision du marché.

Les marchés en tiennent déjà compte. Des hausses de taux d’intérêt moins importantes aux États-Unis sont susceptibles de réduire l’écart de rendement entre les États-Unis et les pays ou régions moins avancés dans la normalisation, comme la zone euro.

Les obligations longues américaines et courtes allemandes ont été pendant un certain temps une position populaire mais infructueuse, mais le moment de réaliser le meilleur rendement est peut-être enfin venu pour les obligations d’État américaines. 

Un ralentissement de la croissance aux États-Unis pourrait également affecter le dollar américain, prévient Husain. En 2018, le dollar a joué le rôle notable de valeur refuge en période de tensions sur les marchés et, grâce à ses attrayantes propriétés de portage, de substitut pour les devises risquées en périodes de faible volatilité. En raison de ce double rôle, le dollar s’est apprécié par rapport à presque toutes les autres grandes monnaies des marchés développés et émergents. Ce qui, justement, le rend vulnérable.

Écart de valorisation 

L’écart de valorisation rend désormais les devises des pays développés plus attrayantes par rapport au dollar américain. Techniquement parlant, l’euro est l’un des plus forts candidats à l’appréciation, mais le récent refroidissement en Allemagne et l’incertitude qui règne en Italie et en France sont considérés comme des signaux d’alarme par certains investisseurs internationaux.

Il est fort possible que les monnaies des marchés émergents soient les véritables gagnants en 2019, analyse Husain de T. Rowe Price. Cela profitera particulièrement aux devises des pays présentant d’importants déséquilibres extérieurs et/ou des coûts de financement élevés, tels que le rand sud-africain, la livre turque et la roupie indonésienne. Une Fed moins belliciste pourrait également être bénéfique pour les devises d’Europe de l’Est.

Préférence pour les marchés émergents

Dans le climat actuel, il peut donc être préférable d’investir dans les marchés émergents, et en particulier dans les obligations en devises locales. L’élargissement de leur politique peut être une réponse des banques centrales des pays émergents à la politique américaine de taux d’intérêt et de change. 

2019 semble également s’annoncer comme une année au cours de laquelle les fondamentaux et les valorisations seront les facteurs clés des marchés obligataires mondiaux. En outre, l’appétit pour le risque et les besoins de protection des investisseurs joueront un rôle clé. Selon Husain du T. Rowe Price Global Dynamic Bond Fund, ce qui en résultera dépendra fortement de la croissance de l’économie américaine.
 

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