Tomasz Wieladek, T. Rowe Price
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Les actions américaines ont réalisé un rendement record au deuxième trimestre, mais les actions européennes reprennent également de la vigueur. La reprise des actions européennes semble se poursuivre grâce au rétablissement de la confiance des consommateurs, au contrôle du virus et à la réponse politique et économique à la crise liée au coronavirus. 

Au deuxième trimestre 2020, les actions américaines ont réalisé leur meilleure performance trimestrielle depuis plus de 20 ans. Avec une hausse de près de 20 %, la performance year to date s’élève à -3,1 %.  

Avec une hausse de près de 13 % (mesurée en euros), les actions européennes ont également repris de la vigueur au deuxième trimestre. Year to date, la situation est cependant différente en Europe, où les rendements des actions en euros sont encore de -12,3 %, révèle un récent rapport de bfinance. 

Il semble que les actions européennes ont plutôt payé le prix des mesures de confinement plus agressives et prolongées pratiquées dans la région. Pourtant, Tomasz Wieladek (photo), économiste chez T. Rowe Price, estime qu’à terme, cela contribuera à redonner confiance au consommateur, qui pourra revenir en toute sécurité à ses habitudes de consommation sociale d’avant la crise liée au coronavirus. 

Le graphique ci-dessous montre que la confiance des consommateurs a chuté plus rapidement dans la zone euro qu’aux États-Unis en mars et avril, mais aussi qu’elle se rétablit maintenant plus rapidement. 
 

Au 30 juin 2020 – Source : Eurostat et University of Michigan/Haver Analytics.

Dans l’ensemble, Wieladek estime que les chances d’un rebond rapide de la confiance des consommateurs sont beaucoup plus élevées en Europe qu’aux États-Unis, grâce à une meilleure lutte contre le virus, ce qui amènera probablement l’économie européenne à être plus performante à court terme que l’économie américaine, déclare-t-il dans le document ‘Better Virus Control May Help Europe to Outperform the U.S.’.

Le timing est essentiel 

À cet égard, le timing est essentiel : si les mesures de confinement prennent fin trop tôt, une deuxième vague d’épidémie peut suivre, ce qui peut ébranler la confiance dans les autorités de santé publique et réprimer la demande des consommateurs pendant une période prolongée. Si le confinement se termine trop tard, un plus grand nombre d’entreprises peuvent être sérieusement affectées. Les États-Unis ont adopté la première approche. Dans de nombreux États, les mesures de confinement ont pris fin alors que le nombre d’infections était encore élevé, mais en baisse.

Les pays européens, en revanche, ont adopté une approche beaucoup plus prudente. Les gouvernements ont mis en place des mesures de confinement au niveau national, en rendant souvent le port du masque obligatoire en public et en interdisant les voyages entre les pays. Les pays européens ont également attendu plus longtemps pour relâcher progressivement leurs mesures de confinement, et ne l’ont fait que lorsque la croissance du nombre de contaminations était très faible. 

« Cette fois, c’est différent »

Mais l’approche de la récession fait également la différence. Bien qu’à cet égard, l’histoire parle en faveur des États-Unis, Wieladek estime que cette fois, c’est différent.  

« Notamment parce que la récession actuelle est très différente des précédentes. La baisse de la production a été provoquée par les réglementations gouvernementales visant à prévenir la propagation de la maladie, telles que le confinement et la distanciation sociale. À cela s’est ajouté une baisse de la confiance des consommateurs par crainte de tomber malade », explique l’économiste dans une récente vision de marché. « La crainte du chômage, parce que les réglementations gouvernementales ont frappé les entreprises, a également contribué à la baisse de confiance des consommateurs. Bien que les politiques monétaires et budgétaires soient traditionnellement utilisées pour atténuer ces effets sur la confiance, elles seront probablement moins efficaces dans la situation actuelle. » 

Selon les investisseurs multi-actifs de NN Investment Partners (NNIP), l’Europe a pour plusieurs raisons la meilleure position de départ. Dans le dernier Multi Asset Monthly, le gestionnaire d’actifs fait référence aux mesures fiscales, qui seraient meilleures en Europe.

« Comme les restrictions liées au virus vont probablement rester en place pendant un certain temps, le soutien de la politique fiscale doit être considéré davantage comme un marathon que comme un sprint. À cet égard, l’Europe semble avoir mieux calibré la réponse politique que les États-Unis. »

Les États-Unis ont réagi au début du printemps par une réaction ‹shock and awe›, en supposant qu’il y aurait une reprise en forme de V. Différents éléments de ce soutien devraient prendre fin au cours du troisième trimestre, à moins que le Congrès ne prenne des mesures pour les prolonger. 

Préférence pour la zone euro

Si cela ne se produit que partiellement, des chocs négatifs sur le revenu et l’emploi des ménages peuvent se produire. En raison de la forte polarisation politique aux États-Unis, des ‘falaises fiscales’ pourraient réapparaître. Autrement dit, les perspectives à long terme de la politique budgétaire américaine sont entourées d’incertitude, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur le sentiment des consommateurs et des entreprises. C’est une raison pour laquelle NNIP préfère la zone euro aux États-Unis. 

Il en va de même pour BlackRock. Dans son Weekly commentary du 10 août, le BlackRock Investment Institute déclarait : « Nous nous attendons à ce que la faiblesse du dollar se poursuive à court terme, car les forces motrices du récent déclin demeurent. L’affaiblissement du dollar, d’une part, et le renforcement de l’euro, d’autre part, soutiennent la surpondération des actions européennes et la prudence à l’égard de leurs homologues américaines. »

Secteurs

Toutefois, selon bfinance, il importe de savoir dans ce cas dans quels secteurs des investissements spécifiques sont réalisés. Parmi les actions américaines, les biens de consommation se sont généralement bien comportés au deuxième trimestre, dans un contexte de reprise des dépenses de détail. Les actions liées aux technologies de l’information - qui figuraient également parmi les gagnants au premier trimestre - ont également connu un trimestre fort. Enfin, les actions des secteurs de l’énergie et des matériaux ont fortement augmenté, aidées par une forte reprise des prix du pétrole.
 

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