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Le prix du pétrole atteint son niveau le plus bas en l’espace de plus d’un an, suite au scepticisme croissant sur les engagements pris par les pays producteurs de pétrole et les craintes liées à l’offre américaine. Les stratèges s’attendent à une nouvelle hausse potentielle du prix du baril, mais pas démesurée.

Un baril de Brent, pétrole de la mer du Nord considéré comme une référence internationale, cotait lundi matin à près de 54 dollars. Soit à peine plus que vendredi, lorsque le niveau le plus bas depuis septembre 2017 était atteint. Le seuil de l’été dernier, largement supérieur à 110 dollars le baril, semble bien loin.

Schroders émet toutefois des perspectives optimistes quant au prix du pétrole en 2019. Les perspectives concernant la production pétrolière en Amérique du Nord sont trop élevées et la capacité de réserve touche historiquement le fond, fait valoir le gestionnaire de fonds.

« Même si une croissance affaiblie en 2019 entraîne une diminution de la demande de pétrole et si la production s’intensifie en Amérique du Nord, la demande dépassera encore l’offre de l’OPEP et ce, au détriment des stocks des deuxième et troisième trimestres 2019. Avec une augmentation du prix du pétrole à la clé, affirmait le gestionnaire de fonds lundi dans un rapport de marché.

Pimco est également « modérément positif  ». La récente annonce de l’OPEP portant sur une limitation de sa production reflète une volonté de stabiliser le prix du pétrole juste au-dessus de 60 dollars, permettant d’éviter le niveau très bas de 2014, mais sans générer de pénurie excessive sur le marché entraînant une perte supérieure de part de marché supérieure en gaz de schiste, précise le gestionnaire de fonds dans ses perspectives pour 2019.

Révision

ABN Amro a revu à la baisse ses estimations concernant le prix du baril la semaine dernière, tout en tablant elle aussi sur une reprise modérée du prix du pétrole. « La récente chute marquée des prix pétroliers a généré une nouvelle réalité selon laquelle la hausse est potentiellement moins élevée que nous ne le pensions il y a quelques mois », explique Hans van Cleef, économiste spécialiste du pétrole.

La banque s’attend à ce que le marché continue à viser une espèce de prix d’équilibre. Pour 2019, il évoque un prix d’environ 70 dollars le baril de Brent et de près de 60 dollars le baril de WTI. ABN Amro table, en dépit des circonstances, sur une augmentation en raison de la capacité de réserve moindre, du volume élevé de positions longues et de la probabilité d’une baisse plus rapide qu’escomptée du dollar américain.

Baisse

Selon les analystes, la baisse récente du prix du pétrole est due aux résultats de la concertation de l’OPEP qui a eu lieu plus tôt ce mois-ci, aux chiffres relatifs aux stocks américains, à l’augmentation de la production de gaz de schiste aux États-Unis, ainsi qu’à une hausse remarquable des positions spéculatives.

Les membres de l’OPEP ont certes promis, lors de leur dernière concertation en date, de produire 1,2 million de barils en moins par jour dès janvier, mais le respect de ces engagements a coûté beaucoup d’efforts, souligne notamment le stratège spécialiste du pétrole Hans van Cleef d’ABN Amro.

Les stratèges pétroliers estiment par conséquent que le marché est sceptique par rapport au respect des engagements, à présent que la production américaine de gaz de schiste est en augmentation, analyse l’agence de presse Bloomberg. « Les craintes quant au stock en Amérique et à l’économie mondiale ont jeté une ombre sur les signaux émanant de l’OPEP indiquant un élargissement, voire un approfondissement des limitations promises. »

Positions longues

Selon Hans van Cleef, la crainte d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine devrait avoir une influence négative sur la demande pétrolière n’a fait que s’amplifier et les investisseurs constatent que les sanctions annoncées à l’encontre de l’Iran sont pour l’instant moins sévères. « Par conséquent, le volume colossal de positions longues a été ramené sur une durée très courte à un niveau relativement normal. Voilà qui contribue entre autres à la baisse de prix nette et rapide. »

La banque s’attend à ce que la demande pétrolière augmente de 1,6 million de barils par jour, une demande qui peut être majoritairement honorée par la hausse de la production américaine. L’Agence américaine d’information sur l’énergie rappelle également que la croissance soutenue de la production pétrolière aux États-Unis maintiendra à un niveau minimal la demande en pétrole supplémentaire des producteurs liés à l’OPEP.

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