Malgré le coût énorme de la crise du coronavirus en termes de vies humaines et de dommages économiques, l’Association européenne de l’industrie de la gestion d’actifs (Efama) qualifie les performances du secteur européen des fonds de ‘résilientes’.
C’est ce que révèle le Fact Book 2021 de l’organisation basée à Bruxelles, qui a été publié ce mois-ci. Il présente les principales tendances européennes du moment dans l’industrie des fonds.
On notera la demande toujours croissante de produits ESG, « une tendance qui se poursuivra dans les années à venir », déclare Naïm Abou-Jaoudé, président de l’Efama, dans la préface.
Fonds UCITS et FIA en hausse
La gamme de fonds UCITS a connu des sorties nettes de 314 milliards d’euros en mars 2020, lorsque la pandémie en Europe a déclenché un confinement à l’échelle du continent, l’une des plus fortes baisses de l’histoire récente.
Cependant, malgré l’ampleur de la crise, la très grande majorité des fonds UCITS ont pu revenir à la normale directement après. « Pour l’ensemble de l’année civile 2020, les fonds UCITS ont attiré 474 milliards d’euros d’investissements, soit nettement plus qu’en 2019 et 2018, malgré les ventes paniques du mois de mars », écrivent les auteurs du rapport.
La valeur nette des fonds UCITS s’élevait à 11 600 milliards d’euros à la fin de l’année dernière. Celle-ci était soutenue par une croissance exponentielle du chiffre d’affaires net en 2020, qui a atteint un total estimé à 235 milliards d’euros. Les FIA (fonds d’investissement alternatifs) affichaient une valeur nette totale de 7100 milliards d’euros fin 2020. Ces fonds n’ont pratiquement pas été touchés par la crise.
En outre, l’Efama indique que les frais de la gestion active des UCITS sont en baisse constante en Europe. Les frais des fonds d’actions et d’obligations gérés activement ont baissé respectivement de 11 % et 18 % entre 2016 et 2020. Cette tendance devrait se poursuivre dans le futur, en raison de la transparence accrue des frais et de la pression exercée par les fonds passifs.
Les fonds ESG à long terme
De manière frappante, Naïm Abou-Jaoudé, le président de l’Efama, mentionne la forte croissance des fonds ESG européens ces dernières années. Sur une période de cinq ans, les fonds ESG ont atteint une valeur combinée de 1200 milliards d’euros à la fin de l’année dernière (11 % de tous les UCITS).
Les fortes ventes nettes d’UCITS ESG ont soutenu la croissance, qui a augmenté de manière presque exponentielle malgré la pandémie pour atteindre un total estimé à 235 milliards d’euros. L’Efama s’attend à ce que cette tendance se poursuive. « L’ESG est devenu une priorité pour les décideurs politiques de l’UE.
Nous nous employons tous à mettre en œuvre le règlement de l’UE sur la divulgation des informations en matière de finance durable (SFDR), qui change la donne pour la réglementation car il oblige les gestionnaires d’actifs à prendre des décisions stratégiques concernant leur approche de la durabilité. »
Toutefois, le manque de données ESG adéquates constitue à cet égard un obstacle majeur. L’intégration complète des considérations ESG dans les décisions d’investissement en souffre actuellement, écrit Abou-Jaoudé.
Les ETF en tirent également profit
La popularité des ETF est également repartie à la hausse en 2020, notamment en raison de leur liquidité caractéristique et de leurs frais modérés. « L’actif net des ETF UCITS a augmenté régulièrement, passant de 5,7 % du total des actifs UCITS en 2016 à 8,3 % fin 2020. Les autres fonds passifs ont également vu leur part de marché augmenter progressivement, passant de 5 % en 2016 à 7 % en 2020 », indique l’Efama dans son Fact Book.