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Les investisseurs investissent massivement dans les obligations d’entreprises européennes. Si les taux d’intérêt continuent à baisser, les portes d’accès au crédit risquent de se fermer pour les entreprises européennes, ce qui va à l’encontre de l’objectif de la Banque centrale européenne.

Tel est ce que déclare Eve Tournier de Pimco dans une réponse aux questions de Fondsnieuws sur le grand nombre d’obligations d’entreprises européennes - actuellement environ 12 % - notées BBB et négociées à un taux d’intérêt négatif.

Depuis un certain temps déjà, les investisseurs paient les États pour «pouvoir» leur prêter de l’argent. Selon la responsable des obligations d’entreprises européennes, le fait qu’ils le fassent aujourd’hui à une échelle aussi massive dans le cas des entreprises est dû à la ‘dovishness’ des banques centrales ainsi qu’à la possibilité que la BCE réintroduise son programme de rachat plus tard dans l’année. 

« Le spread de crédit pour les obligations d’entreprises investment grade libellées en euros est toujours de l’ordre de 25 points de base. Un spread important par rapport aux niveaux du dernier programme de rachat de la BCE en janvier 2018 », argumente-t-elle.

Nuisible

Selon Tournier, l’évolution des marchés a jusqu’à présent été celle que la BCE avait à l’esprit, les investisseurs se tournant davantage vers les catégories à haut risque en raison du faible rendement des obligations d’État. « Mais à mesure que les rendements se rapprochent de zéro pour les obligations d’entreprises investment grade libellées en euros, les investisseurs pourraient bien réduire leur exposition à cette catégorie d’actifs. À long terme, cela nuit à l’accès des entreprises au crédit en Europe, ce qui va à l’encontre de l’objectif de la BCE. »

Tournier estime que l’augmentation du montant des obligations d’entreprise à rendement négatif dépendra de la combinaison des prévisions de croissance et d’inflation ainsi que de la politique des banques centrales. 

Une réintroduction de la politique de rachat de la BCE pourrait encore accroître la part des obligations d’entreprises à rendement négatif en raison des spreads de crédit importants, mais, comme le souligne la stratège, les banques centrales ne sont pas le seul moteur du montant record d’obligations à taux bas et négatifs. « Des forces fondamentales plus profondes sont en jeu, comme la démographie et le comportement d’épargne. »

REIT

Pour Pimco proprement dit, l’environnement est un environnement dans lequel l’investisseur adopte une ‘approche particulièrement prudente et mesurée’, avec une attention spéciale pour la sélection rigoureuse des titres et de leurs émetteurs. « Tous les crédits BBB ne se valent pas et la dispersion est encore importante », déclare Tournier. 

Selon elle, il existe encore de nombreux exemples d’obligations d’entreprises BBB ayant des taux d’intérêt positifs et des fondamentaux solides. « Il suffit de regarder les European Real Estate Investment Trusts, qui offrent une bonne couverture de l’actif ainsi que des clauses restrictives et des valorisations attrayantes par rapport à d’autres secteurs. »

L’investisseur obligataire voit également des opportunités dans la dette titrisée, certains marchés émergents et les titres gouvernementaux et non gouvernementaux adossés à des créances hypothécaires.

Quoi qu’il en soit, les portefeuilles de Pimco sont moins risqués qu’il y a un an, car le taux d’intérêt sur les portefeuilles est moins fiable en tant que mécanisme de protection contre un futur ralentissement économique. La marge de manœuvre de la BCE pour de nouvelles baisses des taux d’intérêt est en effet limitée.

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