Maintenant que le cours a atteint son plus bas niveau en cinq ans, Legal & General Investment Management (LGIM) investit à nouveau dans les obligations d’État italiennes.
Les obligations d’État italiennes sont encore très risquées, mais l’investisseur est maintenant récompensé, affirme Christopher Jeffery, stratège obligataire chez LGIM. « L’Italie est aujourd’hui l’État le moins cher ayant une notation investment grade, mais de sérieuses questions se posent quant à la viabilité à long terme de la dette souveraine italienne en période de récession. »
Maintenant que les investisseurs sont compensés par des taux d’intérêt plus élevés, LGIM est prête à prendre ce risque. En outre, le gestionnaire d’actifs s’attend à un compromis entre la Commission européenne et le gouvernement italien sur l’évolution de la dette.
Selon Jeffery, la situation financière actuelle de l’Italie n’est pas la même que pendant de la crise de la dette de la zone euro en 2011/2012. À cette époque, plusieurs pays européens périphériques étaient confrontés à d’importants déficits de la balance courante. L’Italie dispose actuellement d’un excédent sur ce compte, ce qui signifie qu’elle n’a absolument pas besoin d’argent étranger. L’Italie n’a qu’à veiller à ce que les Italiens gardent leur argent à l’intérieur des frontières nationales, affirme Jeffery.
La situation actuelle de l’Italie peut être comparée à celle du Portugal en 2015/16. Les Portugais avaient à l’époque une dette publique similaire et ont vu leur budget rejeté par l’UE, après quoi ils ont dû présenter une version révisée et les marchés financiers se sont à nouveau calmés.
Too big to fail
La différence, cependant, est que l’Italie est ‘too big to fail’ et que Rome en est consciente. C’est ce qui permet au gouvernement italien d’adopter une position aussi ferme à l’égard de la Commission européenne. Bruxelles a cependant un atout, affirme Jeffery. Si la situation s’aggrave au point que l’Italie soit déclassée au rang de ‘junk’, les obligations d’État italiennes ne répondront plus aux critères de la BCE pour le réinvestissement dans le bilan des obligations venant à échéance. Elles deviendront également inutilisables comme garantie pour les banques italiennes, menaçant de piéger l’ensemble du système financier italien.
Comme l’Italie doit tenir compte des conséquences d’un déclassement et que la Commission européenne doit faire attention au risque de contamination, LGIM s’attend en fin de compte à ce que les deux parties parviennent à un compromis. Pour ce faire, le gouvernement italien devra ajuster ses prévisions de croissance et s’engager à réduire la dette publique.