Depuis la mi-août, l’or a de nouveau la cote et le filon n’est pas près de s’épuiser, affirme Franklin Templeton Investments. Outre la volatilité croissante du marché, d’autres éléments déclencheurs entrent en jeu, selon l’analyse de la maison de fonds.
Steve Land, analyste et gestionnaire de portefeuille chez Franklin Templeton Investments, émet des prévisions optimistes sur le prix de l’or et les actions sur l’or. « Le retour de la volatilité au sein des marchés internationaux en octobre a suscité un regain d’intérêt pour l’or, après un été calme », commente-t-il dans une vision de marché.
Du mois de mai de cette année à la mi-août, le prix du métal noble n’a pas cessé de diminuer, pour atteindre un creux de 1175 dollars par troy ounce (31,1 grammes) le 16 août, d’après des données de Bloomberg. Selon Steve Land, il s’agissait de la plus longue période ininterrompue de baisses de prix de l’or.
Les éléments déclencheurs
Lundi matin, le troy ounce d’or s’affichait à 1 226 dollars, soit plus de 4 % de plus qu’en août. « Après avoir oscillé entre des limites étroites en septembre et début octobre, les prix de l’or se sont mis à remonter dès la mi-octobre, à l’instar des fluctuations enregistrées sur le marché des actions mi-octobre. »
Franklin Templeton n’émet aucune prévision spécifique sur le prix de l’or, mais table néanmoins sur une poursuite de cette hausse, due à « plusieurs éléments déclencheurs intéressants. Et dans un contexte de hausse des prix, nous apercevons des possibilités significatives dans les entreprises aurifères », précise Steve Land.
Les bijoux comme actifs financiers
Et de citer les diverses facettes de l’or : l’or en tant que composant d’un bijou, l’or comme actif financier et l’or à usage médical et dentaire.
La demande de bijoux continue de croître de façon stable, écrit le gestionnaire de fonds, en renvoyant aux données du World Gold Council selon lesquelles il était encore question d’une croissance de 6 % au troisième trimestre de 2018. La reprise des activités économiques et le développement de patrimoine ne mettront pas vraiment un frein à cette croissance, prédit Steve Land.
Et bien que l’enthousiasme pour l’or en tant que catégorie d’investissements financiers a diminué au cours de ces ceux dernières années grâce à la solidité des marchés financiers, il estime que certains signent annoncent un renversement de tendance, en l’occurrence parmi les banques centrales. « Selon le World Gold Council, les banques centrales mondiales ont réduit leurs achats des diminué d’environ 17 % durant les trois premiers trimestres de 2018. Au troisième trimestre, les achats des banques centrales ont d’ailleurs été les plus élevés depuis le quatrième trimestre de 2015. »
Le gestionnaire de portefeuille rappelle dans ce cadre le changement de circonstances. Si les tensions commerciales peuvent procurer un soutien supplémentaire au prix de l’or – en raison de son rôle de valeur sûre – Steve Land constate que le dollar américain peut au contraire offrir une résistance à ce phénomène. Un dollar plus élevé rend en effet l’or plus cher, puisque ce dernier est converti en dollars dans la plupart des cas.
Actions sur l’or
En ce qui concerne les actions sur l’or en particulier, Steve Land écrit qu’elles ont sérieusement baissé ces dernières années, depuis leur point culminant en 2011. « Les cotations actuelles reflètent l’attente selon laquelle le prix de l’or se maintiendra à niveau modéré. »
Selon le gestionnaire de portefeuille, le prix actuel de l’or est proche du niveau dont les producteurs ont besoin pour pouvoir rester actifs à longue échéance. « Une hausse relativement faible du prix de l’or peut même avoir un effet dramatique sur le cashflow escompté d’une entreprise. Même si nous pensons que des entreprises évoluant dans ce contexte peuvent profiter considérablement d’une hausse du prix de l’or, nous pensons également que bon nombre d’entreprises du secteur sont bien positionnées pour survivre à une nouvelle baisse du cours de l’or. »
Steve Land constate que de nombreuses exploitations minières aurifères ont mis l’accent sur l’amélioration de leur structure de coûts, l’apurement des dettes et la réorganisation du patrimoine. « Cela améliore selon nous le potentiel de rendement. Avec à la clé des occasions attrayantes, dans l’or et les métaux nobles », conclut-il.