Data-analyse
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Les ETF à smart bêta, ou bêta stratégique, permettent aujourd’hui aux investisseurs de s’exposer à différents facteurs, avec des mécanismes de pondération variés. Les promoteurs de ces ETF promettent souvent aux investisseurs un rendement supérieur, ou un risque plus faible, que les fonds d’investissement traditionnels. Mais les turbulences de 2020 montrent qu’il est important de miser sur les bons facteurs.

Selon Ronald van Genderen, analyste chez Morningstar, les ETF à smart bêta, ou à bêta stratégique, selon la terminologie privilégiée par la maison, ont pour objectif d’offrir une exposition à un facteur spécifique : valeur, momentum, capitalisation boursière, faible volatilité, qualité – ou encore à une combinaison de plusieurs facteurs. Dans la majorité des cas, le but est d’encaisser une prime sur le marché, même si aucune étude scientifique ne documente l’efficacité de cette démarche. L’argumentaire commercial de ces produits met souvent en avant l’amélioration du rendement ou la baisse du risque pour les investisseurs qui intègrent ces produits en portefeuille. Mais nous l’avons constaté une nouvelle fois en 2020, le choix du ou des facteurs auxquels ils s’exposent est déterminant.

Les marchés financiers subissent une volatilité particulièrement forte cette année. Cela n’a rien d’étonnant au vu des nombreux événements qui l’ont marquée, de la pandémie de Covid-19 aux élections présidentielles américaines. En bref, les marchés financiers ont connu un plongeon vertigineux, mais relativement court fin février, et atteint un étiage en mars. Un net redressement s’est ensuite initié, et certains marchés ont, en cette fin d’année, déjà récupéré la totalité du terrain perdu.

Un tableau hétéroclite 

Et pourtant, cette évolution cache un tableau très hétéroclite. Et la performance des ETF à smart bêta illustre parfaitement les différences entre les marchés. Sur les dix premiers mois de l’année, l’ETF ayant le plus brillé a affiché un rendement proche de 97 %. Il occupe également la première place du top 5 repris ci-dessous. À l’autre extrémité figure l’ETC RICI EnhancedSM Benzin TR, qui a perdu 65 % de sa valeur depuis janvier.

Les analystes de Morningstar ont récemment mené une étude concernant les performances des ETF à bêta stratégique sur les cinq premiers mois de l’année. Il en ressort une dispersion manifeste des performances des différents groupes de bêta stratégique distingués par Morningstar. Ainsi, les facteurs dividende, matières premières, fondamentaux et valeurs ont affiché une perte moyenne supérieure à 20 %. Les facteurs affichant la meilleure performance, et notamment les titres à revenu fixe, la croissance et le momentum, ont limité leurs pertes à quelques points de pourcentage.

Bien sûr, il s’agit de moyennes, car au sein de chacun des groupes, les analystes ont constaté une très forte dispersion des rendements. C’est le groupe des matières premières qui a affiché les plus fortes disparités, en fonction surtout de la matière première (ou du panier de matières premières) que répliquait l’ETF. La deuxième position, en termes de disparité, revenait aux ETF offrant une exposition au facteur de croissance. Les différences s’expliquent principalement par la définition de la croissance et la concentration du portefeuille d’ETF.

Le classement

Le top 5 de cette semaine est consacré aux ETF à bêta stratégique (cotés sur une Bourse européenne), sur la base de leur rendement entre janvier et fin octobre 2020.

La première marche du podium est occupée par l’ETF Lyxor S&P 500 VIX Futures Enhanced Roll, qui vise à répliquer le plus fidèlement possible le S&P 500 VIX Futures Enhanced Roll. L’indice de référence mise de manière dynamique sur un portefeuille de contrats à terme à court et moyen terme sur le VIX, afin de s’exposer à la volatilité des marchés d’actions globaux, tout en assurant un rapport coût-efficacité optimal. Lors des pics de volatilité de février et mars derniers, cet ETF a notamment affiché des performances exceptionnelles.

Lyxor occupe aussi la deuxième place du classement avec l’ETF Lyxor Russell 1000 Growth. L’indice qu’il réplique, le Russell 1000 Growth, mesure les performances du segment des grandes capitalisations américaines. Il inclut des entreprises de l’indice Russell 1000 affichant un rapport cours/valeur comptable élevé et un potentiel de croissance notable. Fin septembre 2020, les plus importantes positions de l’indice étaient Apple, Microsoft et Amazon.

La troisième place revient à l’ETF Deka STOXX® Europe Strong Growth 20. L’indice STOXX Europe Strong Growth suit les performances de 20 entreprises européennes qui offrent, selon son promoteur, l’exposition la plus pure au facteur de croissance. Parmi les entreprises reprises figurent quelques valeurs de croissance réputées telles qu’ Adyen, Zalando et Genmab.

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