Entre volatilité accrue et interrogations sur les taux américains et le secteur technologique, Natixis Wealth Management mise sur la diversification, aussi bien géographique que sectorielle, pour 2026.
Natixis Wealth Management dresse un bilan positif de 2025, une année où les actifs risqués ont de nouveau performé après deux années de gains significatifs. « Nous avons eu des années consécutives de gains à plus de 20 %, c’est quelque chose qui, historiquement, est très rare », explique Benoît Peloille, responsable de l’investissement chez Natixis Wealth Management, le nom que donne Natixis à sa branche de banque privée depuis 2017. Cependant, il faut regarder au-delà. « Ce qui est très important notamment pour les clients fortunés, c’est une approche risk-adjusted, explique-t-il. Nous ne recherchons pas uniquement la performance à tout prix, nous sommes aussi attentifs à la volatilité », indique le responsable, qui précise que cette dernière a été plus importante cette année que les deux précédentes.
Outre ces éléments, l’évolution du dollar a également eu un impact important dans les portefeuilles. « La performance du S&P 500 et des valeurs technologiques est très bonne, mais une fois traduite en euros, elle est beaucoup moins glorieuse », souligne-t-il. Ainsi, pour un investisseur européen, les actions américaines ont affiché une performance proche de celle des obligations, une fois l’effet de change pris en compte. Dans ce contexte, certaines classes d’actifs ont retrouvé une place stratégique, comme l’or.
Plus de nervosité à venir
Pour 2026, Natixis WM anticipe un environnement plus incertain, marqué par davantage de nervosité. Et pour cause : deux piliers soutenant les marchés risqués ces dernières années sont aujourd’hui remis en question, selon le CIO. Le premier concerne les attentes de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine, et le second, celui du rôle du secteur technologique où Benoît Peloille observe des prises de bénéfices et un questionnement sur les fondamentaux.
Pour faire face à ces doutes, la diversification reste un axe clé pour la banque privée. « L’effort de diversification en dehors des États-Unis et de la tech reste pertinent, et l’Europe est vraisemblablement le principal bénéficiaire, pointe-t-il. Nous commençons à souscrire à l’idée qu’il y a un peu d’emballement sur la tech américaine, un début d’euphorie qui peut annoncer la formation d’une bulle. » La zone euro bénéficie de fait d’un contexte favorable. D’après le CIO, le continent a réalisé un atterrissage de son économie réussi d’un point de vue macro. « L’inflation est maîtrisée, le taux de chômage reste sur ses plus bas et l’économie commence à repartir, détaille Benoît Peloille. Si un protocole de cessez-le-feu se dessine sur le conflit ukrainien, c’est un facteur de risque en moins pour les marchés ». Les marchés européens et asiatiques, ainsi que pour les marchés émergents, sont perçus comme des alternatives aux actions américaines.
Côté obligataire, la stratégie de Natixis WM a été d’exploiter le retour à un environnement de taux plus normalisé après la forte remontée des taux en 2022. « Nous avons reconstitué des poches obligataires importantes, indique le spécialiste. L’objectif est de bénéficier d’un rendement attractif, tout en protégeant les portefeuilles contre la volatilité potentielle des actions. »
Le private equity en ligne de mire
Face aux incertitudes des marchés pour l’année à venir, Natixis WM continue par ailleurs de miser sur les actifs privés, et en particulier le capital-investissement. « Le scénario que nous jouons est un freinage cyclique normal, pas une récession ni une crise financière, explique Benoît Peloille. Nous avons tendance à prendre plus de risque sur la partie private equity. » Le responsable des investissements de la banque privée précise que pour les actifs privés, une hausse de volatilité sur quelques mois est quasi anecdotique sur un horizon de dix ans. Dans ce contexte, Natixis WM augmente depuis plusieurs années leur poids dans les allocations des clients, aussi bien pour le private equity que la dette privée.
Benoit Peloille estime ainsi pour 2026 que « la prudence sur les actions américaines et la tech est de mise, mais les corrections potentielles peuvent offrir des niveaux de valorisation intéressants pour repositionner les portefeuilles. » Il précise que la stratégie de la banque privée est de « rester flexible et de jouer activement les opportunités qui se présenteront. »