k8-wl8zwrwoqte-unsplash.jpg

Le deuxième trimestre de l’année 2022 n’a pas apporté de grande surprise : l’indice GBI-EM Global Diversified, baromètre des obligations des marchés émergents en devise locale, a perdu 7 % de sa valeur, en euros, sur les six premiers mois de l’année 2022. Pour autant, les marchés émergents sont loin de se classer au rang des cancres.

Les obligations viennent d’achever leur pire semestre de l’histoire. Les emprunts à échéance longue, surtout, ont été malmenés. L’indice Bloomberg Euro Aggregate 10+ Year a abandonné pas moins 23,6 %, tandis que le Bloomberg Euro Aggregate 1-3 Year ne perdait « que » 2,9 %.

Quant au JPMorgan EMBI Global Diversified, indice de référence des obligations des marchés émergents en devise forte, il a signé son pire début d’année depuis 1994, avec une perte de 13,3 % depuis le 1er janvier. Dans ce contexte, le recul des obligations des marchés émergents en devise locale semble tout à fait honorable. Cela s’explique notamment par la stabilité des monnaies locales, alors que les banques centrales des pays concernés ont plusieurs fois relevé les taux, sans attendre l’intervention de la Fed. 

Des divergences possibles

Pour l’instant, elles maintiennent ce cap, en raison de l’inflation élevée qui persiste à l’échelle planétaire. Toutefois, les divergences entre les régions et pays du monde restent intéressantes. Ainsi, la forte hausse des prix en Europe centrale et de l’Est contraste fortement avec l’Amérique latine, où l’inflation semble avoir culminé, et avec l’Asie, où le renchérissement reste plutôt modéré. Cela pourrait augurer de fortes divergences de politique monétaire dans un avenir proche. 

Pour autant, toutes les banques centrales ne procèdent pas à des relèvements de taux. Le mois dernier, la banque centrale russe a abaissé son taux directeur de 150 points de base, à 9,5 %, dans le sillage du recul des anticipations inflationnistes dans le pays, à 14-17 % en 2022 et 5-7 % en 2023. En Turquie, le président Recep Tayyip Erdoğan a affirmé que les taux allaient encore diminuer, refusant de changer de cap malgré les signes de l’inefficacité de sa politique et l’inflation galopante.

Compensation inadéquate 

En termes de performances toutefois, la traversée du désert de la catégorie semble prendre fin. Sur la décennie écoulée, le rendement annuel moyen s’est élevé à 0,4 % en euro, contre 2,1 % pour l’indice Bloomberg Global Aggregate. Un investissement dans les marchés émergents est assorti de nombreux risques – notamment de change. Les investisseurs attendent donc une compensation sur le long terme ; or, elle n’a pas été adéquate sur la décennie qui vient de s’achever. Les bonnes années (2012, 2016 et 2019), lors desquelles l’indice a affiché une progression supérieure à 10 %, ont alterné avec de mauvais crus, où l’allocation à la catégorie répondait souvent à des considérations tactiques.

Sur les cinq premiers mois de l’année 2022, les investisseurs européens ont retiré plus de 1 milliard d’euros de la catégorie Morningstar des obligations des marchés émergents en devise locale ; en 2021, la décollecte avait déjà atteint 5,1 milliards d’euros. Ces sorties de fonds n’ont rien d’étonnant, face aux craintes croissantes d’une récession planétaire. En outre, la hausse des rendements des titres du Trésor américain, notamment, tempère quelque peu l’attrait des emprunts des marchés émergents. 

Le top 5

Pour le top 5 de cette semaine, nous passons en revue les fonds investissant dans des obligations des marchés émergents en devise locale (pour lesquels une classe de parts sans frais de distribution est disponible en Belgique) et identifions les meilleures performances sur les six premiers mois de 2022.

La première place revient au NN (L) Emerging Market Debt (Local Currency), géré par Marcin Adamczyk et Jaco Rouw. Le premier est responsable de la dette émergente chez le gestionnaire basé à La Haye, qui a perdu, en 2019, Marcelo Assalin, Marco Ruijer et neuf autres membres de l’équipe en charge de l’univers, partis chez le concurrent américain William Blair Investment Management. 

La stratégie investit principalement dans des emprunts d’État d’Amérique latine, d’Asie et d’Europe centrale et de l’Est. Le fonds achète également des titres de dette onshore chinois via le programme Bond Connect, qui permet aux investisseurs étrangers de se positionner sur le marché obligataire chinois local. L’échéance résiduelle des obligations en portefeuille est souvent inférieure à un an.

Ce positionnement a porté la stratégie sur les six premiers mois de 2022. Fin mai, 58 % du portefeuille était investi dans des obligations affichant une échéance inférieure à un an ; pour l’ensemble de la catégorie Morningstar des marchés émergents en devise locale, le chiffre était de 6,3 %. Si, au cours des trois dernières années, le fonds s’est classé dans le premier décile de sa catégorie Morningstar, il semble alterner bons crus et années moins favorables. 

La deuxième place du podium est occupée par le fonds Man GLG Global Emerging Markets Local Currency Rates, géré depuis son lancement, en juin 2016, par Guillermo Osses, Jose Wynne et Ehsan Bashi. Le premier est responsable des stratégies sur la dette émergente chez Man GLG ; il a auparavant occupé des fonctions chez HSBC Asset Management, PIMCO et Deutsche Bank, entre autres. Tout comme pour le numéro un du classement, le portefeuille est composé à plus de 30 % d’obligations ayant une échéance inférieure à un an, et sous-pondère fortement les emprunts arrivant à échéance sous 7 à 10 ans. La faible duration a contribué à la surperformance de la stratégie. 

BE

graf

 

Author(s)
Categories
Target Audiences
Access
Limited
Article type
Article
FD Article
No