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Les fonds européens d’investissement à long terme (Eltif) ne suscitent pour l’instant que peu d’engouement en Belgique et aux Pays-Bas. À ce jour, la FSMA n’a reçu aucune demande d’agrément. Du côté de l’autorité de régulation néerlandaise, l’AFM, une seule demande a été introduite, en l’occurrence par Carbon Equity, qui considère ce lancement comme une étape logique dans le processus de démocratisation du capital-investissement.
 

Bien que plusieurs Eltif soient déjà disponibles dans les deux pays, ils sont encore tous proposés par des acteurs étrangers. Cette situation ne devrait pas vraiment changer à court terme. Selon les informations recueillies auprès de la FSMA, aucun acteur belge ne prévoit actuellement de lancer un Eltif. Aux Pays-Bas, seule Carbon Equity a déposé une demande.

Ce promoteur de fonds de fonds à impact espère obtenir dans les prochaines semaines l’agrément de l’AFM pour le lancement de son propre Eltif, qui permettra aux clients, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, d’accéder à partir de 20 000 euros à un fonds investi dans des entreprises durables, privées et innovantes. Il s’agit d’un seuil d’entrée nettement inférieur aux 100 000 euros requis pour les deux fonds de fonds actuellement proposés par Carbon Equity, qui est déjà activement engagée dans des discussions avec des banques et des gestionnaires de patrimoine concernant la distribution du fonds Eltif.

Ces projets s’inscrivent dans l’objectif plus large de Carbon Equity : permettre au plus grand nombre d’accéder à des fonds de capital-investissement à impact. « La structure de fonds de fonds est de loin la manière la plus logique et la plus sûre d’investir dans des fonds à impact privés », déclare Jacqueline van den Ende, CEO de Carbon Equity, lors d’un entretien avec Investment Officer. « Cet outil permet de composer directement un portefeuille durable et bien diversifié. »

Carbon Equity investit dans des fonds de capital-risque et de capital-investissement durables. Selon sa CEO, ces fonds climatiques sont encore relativement récents comparés aux fonds bien connus d’acteurs tels que KKR ou Alpinvest. « Cela rend le processus de sélection des meilleurs fonds climatiques plus complexe – et d’autant plus important. »

Défis spécifiques

Le fonds Eltif investira dans des technologies et infrastructures européennes, en proposant une combinaison des fonds existants de Carbon Equity : le Climate Infrastructure et le Climate Tech Portfolio, qui totalisent environ 300 millions d’euros quatre ans après leur lancement. Les investissements seront réalisés dans le ciment décarboné, les giga-batteries, l’acier vert et, selon les termes de Jacqueline van den Ende, « toute autre innovation nécessaire à la transition d’une économie fossile vers une économie propre ».

Le lancement d’un Eltif s’accompagne néanmoins de nouveaux défis. Par exemple, les exigences en matière de conformité sont plus strictes : un test d’adéquation doit notamment être réalisé afin de vérifier que le produit convient bien au client. La plateforme est également tenue de maintenir des réserves de liquidités plus importantes, ce qui rend l’Eltif plus complexe qu’un fonds fermé traditionnel. En outre, Carbon Equity a investi massivement dans son infrastructure afin de pouvoir prendre en charge un plus grand nombre de clients.

Peu de place pour les généralistes

Bien que les acteurs belges et néerlandais semblent encore peu enclins à proposer des Eltif, Jacqueline van den Ende observe néanmoins ces dernières années une multiplication des fonds de fonds qui rendent le capital-investissement plus accessible aux particuliers, une évolution qu’elle juge positive. « Je pense qu’il est bon que davantage de personnes investissent dans le capital-investissement, car cela permet de financer directement l’innovation et de stimuler la croissance des entreprises. Avec une structure de fonds de fonds, cela peut en outre se faire de manière bien diversifiée. »

Parallèlement, Jacqueline van den Ende observe également l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs qui, selon elle, n’apportent pas vraiment de nouveauté par rapport aux plateformes existantes. Elle estime que l’espace laissé aux généralistes est désormais très limité, ce créneau étant déjà largement occupé par des acteurs tels qu’Alpinvest ou Marktlink.

Jacqueline van den Ende anticipe toutefois une croissance supplémentaire pour les acteurs thématiques. « Les investisseurs recherchent une expertise spécialisée, et lorsqu’on investit dans des thématiques ciblées, il est logique d’opter pour un fonds de fonds », explique la cofondatrice de Carbon Equity. « Les grands investisseurs, comme les family offices, n’ont pas nécessairement besoin d’un intermédiaire pour investir dans des fonds de sociétés de capital-investissement renommées, mais ils peuvent tirer profit des connaissances d’un promoteur de fonds de fonds spécialisé. »

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