Luca Paolini, Pictet AM
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Selon le stratège en chef Luca Paolini de Pictet Asset Management, les espèces pourraient devenir la catégorie d’actifs enregistrant les meilleures performances de 2019.

Paolini se prépare pour une année chargée pour les investisseurs, lors de laquelle une croissance ralentie, combinée à une inflation en hausse, constituera une mauvaise nouvelle pour les actions comme pour les obligations.
 
L’année prochaine, l’indice MSCI All Country World Index ne donnera quasiment rien, voire rien du tout, prévoit le stratège. Ceci sera principalement dû au marché boursier américain, qu’il décrit comme « l’un des plus chers au monde » et où un retournement de confiance à prévoir et la possibilité d’un nouveau durcissement monétaire créeront des « circonstances difficiles ».  
 
Une augmentation du taux américain à dix ans au-dessus de 3,5 pour cent pourrait impacter les actions de deux manières, souligne Paolini. Les investisseurs échangeront partiellement leurs actions contre des obligations, mais un taux d’intérêt plus élevé signifie également des coûts de (re)financement plus élevés pour les entreprises. 

Le Royaume-Uni et la Suisse 

Pictet se montre plus enthousiaste vis-à-vis du Royaume-Uni et de la Suisse, où les actions défensives constituent une part relativement importante de l’indice. Des secteurs plus défensifs, comme les soins de santé, ont le potentiel pour faire mieux en 2019 que des branches plus cycliques. Le Japon représente lui aussi une lueur d’espoir, entre autres grâce à de faibles valorisations et une dette peu élevée.
 
Pour les actions de la zone euro, Paolini voit des possibilités de bénéfices limitées, conformément aux prévisions économiques pour la région : une croissance déjà ralentie combinée à une possible escalade de la crise de la dette italienne.

La Chine est le favori de la catégorie des marchés émergents, compte tenu son faible ratio cours/bénéfice moyen de 10 et de la politique du gouvernement chinois, axée sur la croissance. 

Obligations

Pour Paolini, les obligations d’entreprise sont « la catégorie d’investissement la plus chère de notre modèle d’évaluation », ce qui, selon lui, est particulièrement préoccupant à présent que les banques centrales du monde entier durcissent leur politique.  

Il attire en outre l’attention sur les niveaux d’endettement plus élevés des entreprises, l’offre accrue d’obligations, une présence plus importante des investisseurs de détail axés sur le court terme et une liquidité plus faible.

Il précise pour ce dernier point : « Depuis la crise de 2008, le volume d’obligations d’entreprise américaines en circulation a doublé pour représenter 5 500 milliards de dollars, tandis que les stocks des courtiers ont chuté de 90 pour cent pour atteindre seulement 30 milliards de dollars. » 

La qualité de crédit sous pression

Et voici le plus inquiétant : la pression exercée sur la qualité de crédit. « Nos modèles indiquent qu’au moins 150 milliards de dollars en obligations pourront être dévalués en haut rendement. » Le marché ne pourra assimiler cet afflux d’« anges déchus » que par le biais d’une dépréciation. 

Paolini se montre surtout prudent pour ce qui concerne l’Europe, où les valorisations sont plus « extrêmes » qu’aux États-Unis. Selon Pictet AM, les meilleures opportunités de bénéfices se trouvent dans les obligations indexées sur l’inflation et les bons du Trésor à 30 ans.

Des rendements plus intéressants sont possibles dans les marchés émergents, surtout en Russie et en Afrique du Sud, selon le gestionnaire. En 2019, la dette en devise locale devrait profiter de la fin du marché haussier du dollar qui, selon Pictet, est surévalué de 20 à 25 pour cent par rapport aux devises des pays émergents. 

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