Non seulement une récession mondiale imminente, mais surtout six risques disruptifs rendront les choses difficiles pour les investisseurs dans les années à venir. Tel est ce qu’écrit Pimco dans une perspective mondiale.
Fidèle à la tradition, le gestionnaire d’actifs américain a défini sa vision économique sur la base du Forum séculaire annuel, auquel ont participé notamment Ben Bernanke, ancien président de la Réserve fédérale, et Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne.
Le point de départ pour les trois à cinq prochaines années est une croissance économique modérée, avec une faible inflation et des taux d’intérêt maintenus par les banques centrales à un niveau égal ou inférieur au ‘Nouveau neutre’.
Mais, prévient Pimco, la situation inhabituelle et persistante dans laquelle les marchés financiers sont nettement plus performants que l’économie réelle touche à sa fin. Il est peu probable que les solides rendements du marché de la dernière décennie se maintiennent. Il en va de même pour la période de volatilité historiquement faible.
La récession est proche
Les experts s’attendent donc à ce qu’une récession mondiale se produise dans un proche avenir. Mais, compte tenu de l’absence de déséquilibres économiques importants dans le secteur privé ainsi que des banques centrales belliqueuses, on ne s’attend pas à ce qu’elle soit très profonde. Toutefois, la reprise sera lente en raison de la marge limitée pour une politique monétaire conventionnelle et de l’efficacité restreinte des mesures en termes d’assouplissement quantitatif.
Sous l’influence d’une série de risques macroéconomiques et politiques, la volatilité augmente, affirme Pimco. En outre, la maison distingue six risques disruptifs susceptibles de créer une ‘incertitude radicale’ : la Chine, l’émergence du populisme, les évolutions démographiques, l’innovation technologique, la vulnérabilité des marchés financiers et les risques liés au climat.
La Chine fait vaciller l’ordre établi
Bien que l’on s’attende à un ralentissement progressif de la croissance économique en Chine, le chemin pourrait être plus cahoteux que prévu, d’autant plus que la guerre commerciale avec les États-Unis ne cesse de s’intensifier. En outre, le programme ‘Made in China 2025’, qui vise à améliorer la qualité des produits fabriqués en Chine, affectera l’ordre établi des producteurs internationaux.
Il en va de même pour la puissance économique et géopolitique croissante de la Chine. L’ordre géopolitique établi reste dominé par les États-Unis, mais quelle que soit l’issue du conflit commercial actuel, Pimco s’attend à ce que les tensions économiques et politiques entre les États-Unis et la Chine persistent.
Populisme & protectionnisme
Quoi qu’il en soit, la montée du populisme a un impact sur l’économie et les marchés financiers. Cela peut être positif dans le cas où les gouvernements s’attaquent à une réglementation excessive, réduisent la charge fiscale et/ou s’attaquent à des inégalités extrêmes.
Par contre, elle peut également avoir un impact négatif si, par exemple, la politique vise à entraver l’immigration, le commerce transfrontalier et les flux de capitaux. Dans de nombreux cas, le populisme va de pair avec le protectionnisme, qui constitue une menace pour un système économique mondial fondé sur des chaînes d’approvisionnement internationales complexes et d’innombrables liens financiers.
Tendances démographiques perturbatrices
Le ralentissement de la croissance démographique et l’allongement de l’espérance de vie dans les principales économies contribuent à l’atonie de la croissance économique. La faiblesse de l’inflation et la volonté mondiale d’épargner font baisser les taux d’intérêt, ce qui obligera les banques centrales à maintenir les taux directeurs à des niveaux bas, voire négatifs.
Plus ces tendances durent, plus elles deviennent perturbatrices, ce qui pousse également les investisseurs en quête de rendement vers des classes d’actifs plus risquées.
Le revers des nouvelles technologies
Les nouvelles technologies deviennent de plus en plus performantes, meilleur marché et donc, plus accessibles à un plus grand nombre d’entreprises. Les avantages en termes de croissance de la productivité sont de plus en plus visibles. Cependant, il y a aussi un revers, en ce sens qu’elles perturbent les modèles d’affaires existants. Cela signifie qu’il y a non seulement des gagnants, mais aussi des perdants. C’est le cas pour le chômage dû au progrès technologique, qui peut s’accompagner de mécontentement politique et de populisme.
Marchés financiers vulnérables
Bien que les valorisations soient encore largement raisonnables, les marchés opèrent depuis 10 ans déjà dans un environnement caractérisé par des positions politiques exceptionnelles et une répression financière qui obligent les investisseurs à continuer à rechercher le rendement.
Selon Pimco, la vulnérabilité des marchés financiers deviendra de plus en plus évidente. La structure du marché des obligations d’entreprises, par exemple, est un sujet de préoccupation en raison de problèmes de liquidité. Le risque qu’une forte détérioration du sentiment conduise à une perturbation significative du marché est considéré comme assez élevé.
Chocs liés au climat
Enfin, les participants au Forum séculaire affirment que les risques environnementaux tels que le changement climatique ont un impact perturbateur à long terme sur les vies humaines, l’activité économique et les marchés financiers. Les chocs liés au climat, tels que les conditions climatiques extrêmes et les catastrophes naturelles, peuvent augmenter en nombre.
Lisez les Perspectives séculaires de Pimco dans la base de données des rapports sur les marchés de l’agent des placements