Rik Coeckelbergs
Rik Coeckelbergs

Rik Coeckelbergs est le fondateur et CEO de The Banking Scene, qui organise des événements de networking pour le secteur bancaire. Qu’a signifié pour lui le succès inattendu d’un groupe LinkedIn ? Pourquoi a-t-il souvent choisi des jobs qui allaient à l’encontre de son penchant naturel ? Et pourquoi les banques doivent-elles arrêter de copier ce que font les autres ?

 

Rik Coeckelbergs a récemment publié A New Ethos in Banking, un plaidoyer pour une identité et des valeurs plus marquées au sein du secteur. « Les banques ont les meilleures intentions mais, en raison du renforcement de la réglementation et de la comparaison avec les États-Unis, je constate une prudence croissante. Elles prennent moins d’initiatives et se concentrent à nouveau principalement sur les résultats financiers, tandis que leur rôle social disparaît à l’arrière-plan. Après la pandémie, l’accent était encore fortement mis sur les contributions à la société, mais ce message semble s’estomper. »

Son livre ne traite pas seulement d’éthique, mais surtout d’ethos : la personnalité et la culture d’une organisation. « J’étudie la manière dont les crises sont apparues, comment la numérisation a affecté la confiance dans les banques et la façon dont nous pouvons la rétablir. Les banques ne doivent pas se laisser guider par des tendances, mais renforcer leur identité. Se contenter de copier ce qui fonctionne ailleurs n’est pas une stratégie durable. »

C’est pour cela que la méfiance envers le secteur ne cesse de croître. Il en fait même l’expérience dans sa vie privée. « Lors d’une fête, un membre de ma famille m’a dit que, mis à part quelques investissements, il gardait son argent à la maison… Il savait qu’un compte d’épargne lui rapporterait davantage, mais ne pouvait supporter émotionnellement le fait que la banque gagne de l’argent avec le sien. Cela montre à quel point le fossé est parfois grand entre les banques, qui sont persuadées de jouer un rôle positif, et leurs clients, qui perçoivent les choses très différemment.»

LinkedIn

Lorsque Rik Coeckelbergs a débuté chez KBC, son ambition était d’avoir une carrière d’expatrié. Son projet est toutefois vite tombé à l’eau. Au lieu de cela, il s’est mis à la gestion d’application et a aussi fondé le groupe LinkedIn « Innovation in Payments », qui est devenu le plus grand groupe consacré à cette question, avec plus de 125 000 membres dans le monde entier. « C’est là qu’ont été plantées les graines de ce qui allait devenir The Banking Scene.

Il est resté la force motrice du groupe, tout en menant d’autres carrières chez Clear2Pay, Colruyt et bpost banque. « J’ai souvent choisi des jobs qui allaient à l’encontre de mon penchant naturel. Si je me vois comme un généraliste pur jus, j’ai également exercé des fonctions qui requéraient une attention extrême aux détails. Chez Colruyt, chaque chiffre devait être exact, à la virgule près. Cela pouvait se révéler frustrant, mais ce fut une grande expérience d’apprentissage. Lorsqu’on est entrepreneur, il faut à la fois avoir une vue d’ensemble et être capable de se plonger dans les détails, lorsque cela s’impose. »

Premier événement

Il a fondé The Banking Scene en 2016 et organisé son premier événement en 2017, parallèlement à son job chez bpost banque. « Chaque prestataire travaillant pour une banque organisait alors son propre événement, mais les réunions où l’ensemble du secteur pouvait réseauter me paraissaient plus enrichissantes. » Ses revenus réguliers lui ont permis d’investir dans la qualité. Après plusieurs éditions couronnées de succès, il a décidé de prendre son envol. « J’ai senti qu’il me fallait une plus grande liberté de mouvement pour exprimer mes opinions personnelles sur les services bancaires et les paiements. Le temps était venu de devenir indépendant. »

Aujourd’hui, The Banking Scene organise chaque année des conférences, des ateliers et des tables rondes sur l’avenir de la banque, en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Ses débuts en tant qu’indépendant n’ont pas été sans heurts.

« Je voulais organiser des événements et combiner cela avec la consultance. Mais tout le monde me connaissait par le groupe LinkedIn et personne ne me voyait comme un consultant. Je n’avais donc pas d’autre choix que de me lancer à fond dans The Banking Scene. »
Ses projets d’implantation à Amsterdam ont aussi été perturbés par la pandémie, en 2020. « Nous avons dû tout annuler et j’ai dû me réinventer. J’ai organisé des tables rondes virtuelles, dont un nombre tout juste suffisant était sponsorisé, pour me permettre de garder la tête hors de l’eau. Je n’ai plus eu besoin de subventions au bout de six mois… et j’en suis fier. »

Ferraille et cochons d’Inde

Rik Coeckelbergs n’a jamais manqué d’esprit d’entreprise. « J’ai toujours eu cette fibre commerciale. Mon père avait un élevage de lapins et notre jardin faisait trois hectares. Lorsque j’étais enfant, j’allais au marché vendre des cochons d’Inde ou des fleurs que j’avais cueillies au jardin. Ou bien j’allais chercher avec mon frère, ma sœur, mes neveux et nièces des déchets, comme des boîtes en aluminium, que je vendais ensuite au ferrailleur. J’ai donc eu très tôt l’esprit d’entreprise. »

Bien entendu, monter une entreprise est une autre paire de manches. « Sincèrement, je savais déjà, pendant mes études, que je voudrais créer une entreprise un jour… Mais quoi et pourquoi ? Cela, je ne le savais pas précisément. Je n’aurais jamais pensé que l’entreprise que je monterais ressemblerait à cela. Rétrospectivement, je pense que j’ai bien tracé ma route. »

Écoutez l’intégralité du podast Le Miroir (en néerlandais) avec Rik Coeckelbergs et découvrez :

  • Pourquoi il veut rendre son entreprise moins dépendante de lui-même…
  • Comment il concilie, en tant qu’entrepreneur, son travail et une famille avec trois jeunes enfants…
  • Pourquoi il considère que le secteur bancaire devrait se montrer plus audacieux…
  • Les valeurs qu’il a héritées de ses parents…
  • Qu’organiser des événements n’est pas ce qu’il préfère faire…
  • Pourquoi les banques le passionnent tant…

Écoutez le podcast Le Miroir (De Spiegel) via Apple Podcast ou Spotify.

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