Trois chocs résultant d’une offre négative susceptibles de générer une récession mondiale en 2020 sont en préparation. Tel est ce qu’écrit Nouriel Roubini, l’économiste américain qui avait correctement prédit la crise du crédit de 2008.
Dans une contribution à la plate-forme d’économistes Project Syndicate, Roubini écrit que ces trois facteurs sont des facteurs politiques pouvant avoir un impact négatif sur les relations internationales. Les États-Unis sont impliqués dans tous les cas, et la Chine dans deux des trois cas.
Le premier choc potentiel pourrait être causé par le conflit commercial et monétaire entre les États-Unis et la Chine. À cet égard, après la dévaluation de la devise chinoise, la Chine a été qualifiée de manipulateur de devises par le département du Trésor des États-Unis.
Ce conflit cache un deuxième choc négatif potentiel : la rivalité de domination dans l’industrie du futur : intelligence artificielle, mais aussi robotique, technologie G5, etc. Ainsi, les États-Unis ont déjà inscrit l’entreprise chinoise de télécommunications Huawei sur une liste d’entreprises étrangères représentant une menace pour la sécurité nationale.
Le troisième développement qui, selon Roubini, pourrait causer un choc négatif externe est l’approvisionnement en pétrole. S’il est vrai que les prix du pétrole ont chuté récemment, ce qui est fortement lié aux retombées du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, ce qui pourrait conduire à une récession mondiale, l’économiste américain ajoute que le conflit entre les États-Unis et l’Iran sur le développement des armes nucléaires par ce dernier pays pourrait conduire à un conflit militaire.
Dans ce cas, les prix du pétrole pourraient augmenter fortement et provoquer une récession mondiale, comme ce fut le cas en 1973, 1979 et 1990, estime Roubini.
Si ces conflits ont le potentiel de provoquer une stagflation, avec à la clé une hausse des prix des importations de biens de consommation et de composants technologiques et la fragilisation de la chaîne d’approvisionnement mondiale, le conflit sino-américain entraîne déjà une déglobalisation, car les entreprises ne peuvent plus compter sur l’approvisionnement en composants, produits semi-finis, matières premières spéciales et métaux précieux.
Roubini se demande ce que pourraient faire les banques centrales si le système commercial mondial implosait. Lorsqu’un tel choc de stagflation s’était produit dans les années 1970, les autorités monétaires avaient pris les rênes dans leur politique.
Aujourd’hui, les banques centrales mènent une politique expansionniste précisément parce que l’inflation demeure inférieure à l’objectif de 2 % et qu’elles veulent la porter à ce niveau. La croissance économique est maintenant principalement tirée par la consommation, mais s’il y a un choc d’offre négatif, cela ne sera pas suffisant et une récession mondiale sera inévitable.