Les marchés émergents ont de nouveau terminé dans le vert au deuxième trimestre mais sont restés dans l’ombre des marchés développés, en raison surtout de la sous-performance des actions chinoises. L’empire du Milieu a récemment fêté le centième anniversaire du Parti communiste chinois, sous l’impulsion duquel le pays s’est hissé au rang des grandes puissances mondiales. Sur les marchés financiers aussi, la Chine joue un rôle de plus en plus important.
Les marchés émergents ont affiché – à l’aune du MSCI EM – un rendement proche de 11 % sur les six premiers mois de l’année. L’avancée du premier trimestre s’est poursuivie au deuxième, avec +4 %. Si en termes absolus, 2021 est une belle année, Ronald van Genderen, Senior Manager Research Analyst chez Morningstar, voit malgré tout peu de raisons de se réjouir.
« Alors que les marchés émergents avaient devancé la sphère développée en 2020, ils affichent un retard considérable en 2021, puisque le MSCI World a gagné 16,64 % sur les six premiers mois de l’année. La sous-performance a été constante au premier et au deuxième trimestres, à quelque 2,7 points de pourcentage. »
Ce retrait de l’indice des marchés émergents s’explique surtout par les mauvais résultats des actions chinoises. « Le MSCI China a certes terminé en territoire positif, mais à 1,35 %, son rendement du deuxième trimestre a été bien inférieur à celui du marché dans son ensemble.
La Chine a récemment célébré en grande pompe le centième anniversaire du Parti communiste chinois – des festivités éclatantes qui se justifient du point de vue des autorités chinoises, car dans l’histoire moderne, le pays n’avait jamais autant eu d’importance et de pouvoir sur la scène mondiale. Mais l’Occident se réjouit moins de cette suprématie. »
L’hégémonie chinoise est aussi perceptible sur les marchés financiers. En 2001, les actions chinoises ne représentaient que 6 % du MSCI EM ; vingt ans plus tard, la Chine pèse six fois plus lourd (37,5 %). Pour Ronald van Genderen, cette montée en puissance explique aussi le fait que les actions chinoises brident l’indice des marchés émergents.
Brésil
De l’autre côté du globe, le Brésil s’est distingué au deuxième trimestre, affichant la meilleure performance, avec un rendement proche de 22 %. Ce rebond suit une mauvaise année 2020 ainsi qu’un premier trimestre 2021 décevant. Entre avril et juin, le rendement du MSCI Brazil (en euros) a été porté à la fois par l’appréciation de la monnaie et la hausse des cours des actions.
Les mesures prises par la banque centrale pour durcir sa politique monétaire face à la hausse de l’inflation, l’accélération des campagnes de vaccination, la dissipation des préoccupations budgétaires et les nouvelles avancées des réformes ont dopé le moral des investisseurs.
Les belles performances des actions brésiliennes sont d’autant plus notables que les autres pays du Sud ont justement fait partie des lanternes rouges de la sphère émergente au cours du trimestre. Le Chili a notamment abandonné près de 15 %, le Pérou près de 10 %. Ces reculs s’expliquent dans les deux cas par la situation politique troublée dans ces pays.
Les marchés émergents européens (Pologne, Hongrie et République tchèque) se sont redressés, sur fond d’amélioration des perspectives économiques. La hausse du cours du pétrole brut a été favorable à la Russie et à l’Arabie saoudite, deux pays producteurs de pétrole. L’Inde a aussi connu une embellie malgré la hausse des cas de Covid-19.
Le top 5 de cette semaine dressé par Ronald van Genderen porte sur la catégorie Morningstar des fonds d’actions des marchés émergents et tient compte des performances du premier semestre de l’année 2021.
Schroders en tête
Le fonds Schroder ISF Emerging Markets Value a généré le rendement le plus important sur les six premiers mois de 2021. Selon Ronald van Genderen, « ce fonds, lancé en septembre 2020 seulement, est géré par Juan Torres et Vera German, tous deux très expérimentés en tant qu’analystes, mais bien moins en tant que gérants. Le fonds investit dans des actions dont le cours a plongé. Le portefeuille met donc l’accent sur les titres valeur et a donc tiré profit du retour en grâce de ce style en 2021, tout comme d’autres fonds du classement. MTN Group et Telkom, deux actions sud-africaines qui comptent parmi les plus importantes expositions du fonds, ont figuré parmi les fleurons. »
La troisième place revient au fonds TT Emerging Markets Unconstrained, géré depuis juin 2015 par Niall Paul et Robert James. Bien diversifié, le portefeuille compte environ 75 actions ; les dix principales positions sont toutefois assez concentrées. TSMC, plus importante exposition depuis mars 2021, représente en effet plus de 6 % du portefeuille.
Ce dernier met l’accent sur la croissance, ce qui rend d’autant plus exceptionnelle la performance enregistrée depuis le début de l’année. Les gérants ont en effet su se distinguer par une sélection extrêmement judicieuse des titres. Ainsi, Evergreen Marine Corp a déjà gagné 403 % depuis le début de l’année, et 360 DigiTech, 255 %. »
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