Des conditions idéales pour les stock pickers, estime Sue Noffke, responsable des actions britanniques chez Schroders. Avec toute l’incertitude entourant le Brexit, la plupart des investisseurs évitent le marché des actions britanniques, alors que Schroders y voit justement des opportunités.
Depuis le référendum de l’UE, la performance des actions britanniques est restée inférieure à celle des actions mondiales. Par conséquent, les valorisations sont à leur plus bas niveau depuis plusieurs décennies. De plus, le rendement en dividendes est supérieur à la moyenne à long terme. Schroders distingue trois raisons de se tourner vers ces actions peu prisées.
Mal aimées
Les investisseurs internationaux sont négatifs au sujet du marché des actions britanniques. Selon une étude réalisée par Merrill Lynch, les gestionnaires de fonds sont depuis trois ans déjà sous-pondérés en actions britanniques. Schroders surveille toujours de près le comportement des investisseurs en entreprises, car ils visent un objectif à long terme. Ce qui est frappant, c’est que les entreprises étrangères sont justement attirées par les actions britanniques en raison de la faiblesse des valorisations et de la livre sterling.
Récemment, Coca Cola a acheté la chaîne de café britannique en croissance rapide Costa Coffee, qui réalise la plupart de ses bénéfices au Royaume-Uni. Boston Scientific a acquis la société pharmaceutique BTG, qui réalise 90 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis. En outre, les programmes de rachat d’actions indiquent que les sociétés britanniques considèrent leurs propres actions comme sous-évaluées.
Sous-évaluées
Ces évaluations confirment la perception selon laquelle les investisseurs se détournent des actions britanniques. Les ratios cours/valeur comptable, cours/bénéfice et cours/dividende indiquent tous une sous-évaluation relative des actions britanniques de 30 % par rapport à leurs contreparties mondiales, ce qui est près du point le plus bas en 30 ans. Cette faible valorisation offre cependant un point d’entrée attractif pour les investisseurs ayant un horizon long.
Rendements attrayants
Au cours des 30 dernières années, le rendement en dividendes du marché boursier britannique par rapport au reste du monde n’a été plus élevé que pendant la récession de 1991 ainsi que pendant le pic de la bulle technologique. Le rendement en dividendes est actuellement de 4,5 %, un résultat positif par rapport au rendement moyen de 3,5 % enregistré au cours des 30 dernières années.
Pour revenir à la moyenne à long terme, il faudra soit une forte hausse du cours des actions, soit une nouvelle si mauvaise que les entreprises réduiront considérablement leurs versements de dividendes. Au lendemain de la crise financière, les paiements de dividendes ont chuté de 15 %, notamment à cause de la suspension des paiements de dividendes par BP à la suite de la débâcle de Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique. Schroders ne pense pas qu’une récession telle que celle qui a suivi la grande crise financière soit vraisemblable. S’il devait y avoir une récession, il est probable qu’elle se limiterait au Royaume-Uni et ne serait pas mondiale. Ce qui est d’une certaine manière rassurant, car la plupart des entreprises anglaises versant des dividendes tirent la majeure partie de leurs revenus de l’étranger.
Rendements supérieurs possibles
En tant que stock picker, Schroders voit suffisamment d’opportunités attrayantes dans les grandes et petites entreprises cotées en bourse au Royaume-Uni. En y investissant, le portefeuille peut être conçu de manière à augmenter la probabilité de rendements supérieurs à long terme.