La volatilité sur les marchés à la fin 2018 a mis en évidence un manque de maturité dans le chef des investisseurs belges, qui ont massivement bougé leur allocation lors de la baisse des cours. Leurs attentes pour la performance future de leur portefeuille sont aujourd’hui nettement plus réalistes.
Schroders vient de publier son enquête Global Investor Study 2019, qui a interrogé plus de 25.000 investisseurs privés dans 32 pays, sous la condition d’avoir l’intention d’investir 10.000 euros durant les 12 prochains mois. Au niveau belge, l’étude a porté sur un échantillon statistiquement significatif de 492 personnes, interrogées durant le mois d’avril 2019. Wim Nagler (direction des ventes en Belgique et au Luxembourg) constate que l’investisseur belge reste très court-termiste, comme l’a montré leur comportement pendant le recul des marchés à la fin 2018.
Compétences
« Seulement 20% ont su garder leur calme par rapport à la volatilité des marchés, tandis que les autres ont soit vendu pour prendre moins de risque, soit acheté pour profiter de la baisse des cours ». Alors que l’investisseur belge affirme avoir un horizon d’investissement de plus de deux ans et demi, une proportion importante (43%) reste investi moins d’un an. « Paradoxalement, ils sont 53% à penser avoir une bonne éducation financière (contre 42% au niveau global) », ce qui contraste avec leur comportement durant les périodes de volatilité.
Ce manque d’éducation se constate également dans la performance historique des portefeuilles, puisque deux tiers des investisseurs belges constatent ne pas avoir atteint les objectifs financiers qu’ils étaient fixés il y a cinq ans, soit parce qu’ils n’avaient pas les bons produits, soit parce qu’ils n’ont pas pris assez de risques, soit parce qu’ils ont vendu trop vite, ou soit parce que leurs objectifs n’étaient tout simplement pas réalistes. « Même s’ils se croient assez éduqués, leur comportement suggère néanmoins un manque de compétence », constate encore Wim Nagler.
Thématique
Par rapport aux critères utilisés pour choisir un produit d’investissement, les investisseurs belges se reposent encore souvent sur la performance historique. « Ils ne portent souvent pas assez attention au produit en lui-même, à sa politique d’investissement, à l’équipe de gestion ou aux analyses indépendantes réalisées sur le produit ».
L’étude met également en évidence une suspicion par rapport aux marchés émergents, et la popularité persistante des fonds mixtes ou thématiques. Il n’y a toutefois pas de préférence marquée entre les différentes thématiques (énergies renouvelables, éducation, automatisation, etc), et ce sont ainsi entre 44 et 49% des investisseurs qui indiquent être déjà investi ou avoir l’intention d’investir sur les différentes thématiques. « L’étude confirme le besoin d’une histoire claire pour avoir confiance dans une stratégie d’investissement ».
Retraités
Par contre, les investisseurs belges ont des attentes beaucoup plus réalistes par rapport à la performance qu’ils pourront dégager sur leur portefeuille d’investissements. « Alors que l’attente au niveau mondial se situe autour de 10,7% par an, le particulier belge s’attend à une performance de 6,5% par an, et même de 4,9% pour les retraités, ce qui constitue un niveau qui est ici clairement réaliste », indique Wim Nagler. Ces derniers sont par contre moins réalistes quant à l’utilisation de leur patrimoine, car ils sont en effet 75% à penser qu’ils peuvent utiliser 10% du portefeuille par an sans risquer de tomber dans les problèmes financiers, « ce qui semble assez imprudent vu que les conseillers financiers recommandent habituellement une utilisation annuelle d’environ 4% ».