La Banque centrale européenne (BCE) va lancer un nouveau programme de rachat et réduire les taux créditeurs de zéro à moins 0,20 %, déclare la banque française Société Générale (SocGen) dans une analyse des mesures auxquelles elle s’attend lors de la prochaine réunion politique de la BCE le 12 septembre.
Tel est ce qu’écrit ce soir l’agence de presse Bloomberg. Selon la SocGen, la BCE va annoncer qu’elle veut racheter 40 milliards d’euros d’actifs par mois. La banque française ne se prononce pas quant au fait de savoir si le programme de rachat portera sur les marchés obligataires ou sur les marchés actions, ou sur les deux.
Ces deux mesures ont pour objectif de soutenir la croissance économique dans la zone euro et de stimuler l’inflation. L’analyste Anatoli Annenkov écrit dans une note aux clients qu’il s’attend également à ce que la BCE mette en place un système généreux afin que les banques puissent répercuter les taux d’intérêt négatifs sur leurs clients privés. Dans la pratique, cela pourrait signifier que les banques payeront des frais aux clients qui, par exemple, contractent un prêt hypothécaire ou demandent un crédit à la consommation.
La SocGen estime que la politique d’assouplissement quantitatif (QE) sera mise en œuvre par la BCE jusqu’en 2021, car elle tient compte du fait que les États-Unis finiront en récession l’année prochaine - lorsque les élections présidentielles ont lieu.
Selon Bloomberg, l’analyste Annenkov déclare que les attentes sur les marchés financiers sont si élevées que la BCE a peu d’options et doit prendre des mesures décisives. On table ainsi sur une récession en Allemagne, tandis que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine persisteront. Les investisseurs s’attendent à ce que les banques centrales réagissent par des mesures incitatives.
Dans le même temps, la SocGen estime que les membres du conseil d’administration de la BCE ne sont pas d’accord sur la nécessité et l’étendue des mesures nécessaires. Ainsi, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, met en garde contre une ‘réaction de panique’.
Au cours des huit années pendant lesquelles Mario Draghi en a été le président, la BCE a racheté pour 2 700 milliards d’euros d’obligations sur les marchés.