Asset managers see mainly opportunities in equities. Image: Defigners
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Les règles de Solvabilité II, qui imposent aux assureurs de détenir davantage de capital pour des investissements plus risqués tels que les actions, rendent l’investissement en actions peu attractif pour les assureurs.

En raison de ces exigences élevées en matière de capital, la position en actions de P&V Groep est donc très limitée. Le CIO Wim Aurousseau considère ces règles comme strictes pour un instrument qui contribue au financement sain des entreprises en Europe.

Exigence de capital injustifiée

Pour que les actions soient rentables, les dividendes ou les plus-values ​​doivent être nettement supérieurs à ceux d’autres actifs, tels que les obligations, afin de justifier l’exigence de capital plus élevée.

Cela peut conduire à une situation où le capital-investissement exige moins de capital que les actions cotées. M. Aurousseau précise que « l’Europe fonde notamment ses règles de capital sur la volatilité des marchés. De ce fait, la volatilité du capital-investissement, souvent évalué seulement une fois par trimestre, se révèle inférieure à celle des actions, négociées quotidiennement. »

AurousseauP&V Groep parvient à maintenir des exigences de fonds propres équivalentes pour le capital-investissement et les actions cotées. Toutefois, selon la société, la logique de Solvabilité II n’est pas toujours cohérente et, dans de nombreux cas, désavantage les actions cotées. « C’est regrettable, car les actions contribuent néanmoins au financement sain des entreprises », déclare le CIO (photo).

Rendement du dividende en hausse

Selon une étude d’Allianz sur les dividendes datant de janvier 2026, les versements de dividendes en Europe continuent d’augmenter, renforçant l’attractivité des actions. Les entreprises belges du STOXX Europe 600 pourraient verser environ 8,8 milliards d’euros de dividendes en 2026, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente. Le rendement du dividende en Belgique s’établit ainsi à 2,3 %, contre 3,2 % pour l’ensemble du STOXX Europe 600.

« Bien que les rendements des dividendes soient en hausse, une stratégie de dividendes ne nous paraît pas soudainement attractive », explique M. Aurousseau. « Notre priorité, notamment en raison de notre allocation limitée en actions, est la création de valeur au sein des entreprises. Que cette valeur soit réinvestie pour la croissance future ou distribuée sous forme de dividendes est pour nous secondaire. »

Par ailleurs, il s’interroge sur la pérennité des dividendes élevés. « Nous constatons que certains dividendes sont artificiellement élevés, et la guerre en Iran aura sans aucun doute un impact sur la rentabilité et les flux de trésorerie des entreprises. » Les investisseurs auraient donc intérêt à évaluer si les flux de trésorerie futurs pourront continuer à soutenir la politique de dividendes.

Les dividendes comme amortisseurs

Néanmoins, M. Aurousseau reconnaît les atouts des actions à dividendes dans un contexte de marché incertain. « Les dividendes peuvent servir d’amortisseur face aux pertes de cours en période de forte volatilité. Les entreprises font tout leur possible pour maintenir leurs dividendes, permettant ainsi aux investisseurs de bénéficier de revenus relativement stables. »

De plus, M. Aurousseau souligne la relative stabilité des cours de ces actions. « Les entreprises versant des dividendes classiques sont généralement des valeurs sûres établies dans des secteurs défensifs. Grâce à leur position dominante sur le marché, leur valorisation plus faible et leurs modèles économiques généralement stables, elles sont moins sensibles aux chocs économiques que les actions de croissance. »

De plus, dans un contexte de baisse des taux d’intérêt, elles constituent une alternative intéressante pour compenser partiellement la perte de revenus récurrents. Compte tenu des taux d’intérêt relativement élevés des obligations d’État belges aujourd’hui, cette dernière option est, bien entendu, peu pertinente.

Dividendes et critères ESG

Outre les règles de Solvabilité II, des choix stratégiques limitent également une allocation plus importante aux actions à dividendes. En effet, la politique ESG de P&V Groep entre souvent en conflit avec les valeurs traditionnelles des actions à dividendes.

« De nombreuses entreprises versant des dividendes élevés, comme celles du secteur de l’énergie qui dépendent principalement des énergies fossiles, ne répondent pas à nos critères de durabilité, explique M. Aurousseau. Le secteur financier, autre source classique de dividendes, présente également une trop grande similitude avec notre propre exposition au risque en tant qu’assureur. »

Obligations d’État

P&V Groep étudie donc des opportunités d’investissement alternatives : les obligations d’État, par exemple. « Elles constituent une excellente opportunité, affirme M. Aurousseau. Aujourd’hui, le risque pris est largement récompensé. La Belgique, par exemple, offre actuellement un taux d’intérêt bien plus élevé qu’il y a peu, alors même que le pays n’est pas devenu sensiblement plus risqué durant cette période. »

Outre le marché domestique, le CIO entrevoit également un potentiel en Europe centrale et orientale, même si beaucoup dépend de l’évolution de la guerre en Ukraine. « Ces pays sont intéressants, à condition que le conflit ne s’aggrave pas. » Néanmoins, P&V Groep reste principalement concentré sur la zone euro : « En dehors de la zone euro, notre exposition demeure très limitée, notamment en raison de la volatilité des marchés des changes ».

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