La situation en Italie constitue un « danger existentiel » pour l’union européenne, avertit George Soros.
Mardi, les taux d’intérêt des obligations d’État italiennes, mais aussi grecques et portugaises, sont montés en flèche. Les spreads avec les titres d’État allemands ont atteint leur niveau le plus élevé en presque cinq ans.
Les investisseurs s’inquiètent beaucoup quant au futur de l’Italie. Avec de nouvelles élections en perspective, ils se demandent si le pays va continuer à faire partir de l’Union européenne.
« L’Italie se dirige tout droit vers des élections au beau milieu du chaos politique », a déclaré Soros lors d’un discours prononcé à Paris et dont l’agence de presse Bloomberg a consigné quelques extraits.
Selon le célèbre investisseur et milliardaire, à cause de l’échec de la politique économique et migratoire, parler d’une menace de la survie de l’Europe n’est plus une formule creuse, mais bien la dure réalité.
Paul O’Connor de Janus Henderson indique qu’à ce stade, le marché considère la situation en Italie comme une nouvelle raison de réévaluer les risques du marché.
Si les taux d’intérêt continuent de grimper, un événement « sinistre » pourrait cependant se produire sur le marché. « Nous allons suivre la situation de près. »
Pour lui, l’Italie se trouve sur une trajectoire de collision, aussi bien avec l’Union européenne qu’avec les marchés financiers. « Une lutte de pouvoir va être menée entre l’ordre établi et les populistes et va vraisemblablement se poursuivre jusqu’aux élections, à l’automne. »
D’après O’Connor, les partis populistes vont essayer de changer de facto les élections en un référendum sur l’appartenance de l’Italie à la zone euro. « Il ne fait aucun doute que chaque élément indiquant un gain de terrain pour les partis eurosceptiques fera trembler les marchés. »
Au mois de mars, M5S ont remporté près de 33 pour cent des voix, et Lega 17 pour cent. Leur part commune va donc être surveillée de près.
Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, demeure quant à lui un facteur incertain, « parce qu’on ne sait pas encore si Lega fera campagne dans une coalition de droite avec Forza Italia, comme en mars, ou dans une alliance anti-establishment avec M5S. La première hypothèse aurait la forte préférence des investisseurs. »