Les investisseurs en quête de rendement sont parfois tentés de placer leurs fonds dans les segments les moins liquides des marchés financiers – par exemple, celui des actions de petites capitalisations. Mais le risque de liquidité d’un portefeuille n’est pas toujours facile à évaluer.
Pour Ronald van Genderen, analyste chez Morningstar, quelques indicateurs peuvent toutefois être d’un grand secours.
Ainsi, la répartition de l’actif sur les différents segments de capitalisation donne une indication de l’exposition d’un portefeuille au risque de liquidité. Morningstar segmente l’univers d’investissement des actions en cinq catégories, sur la base de la capitalisation boursière : très grandes capitalisations, grandes capitalisations, moyennes capitalisations, petites capitalisations et micro-capitalisations.
Il est généralement admis que plus l’exposition du portefeuille aux segments les plus petits est grande, plus le risque de liquidité est important. Il est aussi intéressant de passer en revue la capitalisation boursière moyenne des entreprises d’un portefeuille – car plus cette valeur moyenne est faible, plus le risque de liquidité est élevé.
Il est en outre important de savoir quel pourcentage de la capitalisation boursière totale d’une entreprise chaque position représente – car une participation importante sera plus difficile à vendre. La concentration d’un portefeuille et l’importance de l’actif sous gestion d’un fonds doivent aussi être prises en considération. Les fonds importants et concentrés peuvent afficher un grand risque de liquidité.
Enfin, la répartition de l’actif sous gestion sur un nombre plus ou moins grand d’investisseurs joue aussi un rôle. Un fonds dont l’actif provient d’un nombre réduit de gros clients pourra plus rapidement se voir confronté à des cessions importantes – auquel cas le risque de liquidité se concrétisera – qu’un fonds dont l’actif est réparti sur un grand nombre de petits investisseurs.
Le top 5
Le top 5 de cette semaine porte sur les fonds européens d’actions de petites capitalisations dont le portefeuille affiche une exposition supérieure à la moyenne (plus de 23,7 %) aux micro-capitalisations et dont la capitalisation boursière moyenne est inférieure à la moyenne (soit moins de 1,5 milliard d’euros).
En tête du classement, l’on trouve le fonds Fidelity European Smaller Companies, géré conjointement par Colin Stone, Jim Maun et Joseph Edwards. Ce trio investit au moins 70 % du portefeuille dans des petites et moyennes capitalisations européennes. Le fonds est très exposé aux plus petites entreprises de l’univers de placement, avec 27 % de micro-capitalisations et une capitalisation boursière moyenne de 1,3 milliard d’euros.
Au vu de son actif (plus de 900 millions d’euros), la forte diversification du portefeuille, qui compte 223 positions, a un caractère rassurant. Si certaines positions prennent du temps à liquider (Global Fashion Group, Robertet et Westwing Group, par exemple), près de 60 % du portefeuille peut être vendu en 5 jours ouvrables.
La troisième place est occupée par le fonds Franklin European Small-Mid Cap, piloté par Edwin Lugo, qui est impliqué dans sa gestion depuis 2006. Ce fonds cible les entreprises dont la capitalisation boursière est comprise entre 100 millions et 8 milliards d’euros ; dans la pratique toutefois, près de la moitié du portefeuille se situe dans le segment des micro-capitalisations. Avec 27 positions seulement, le fonds est bien plus concentré que celui de Fidelity, ce qui a des répercussions sur le profil de liquidité : l’on estime qu’en 5 jours ouvrables, Lugo ne pourrait vendre que 30 % de son portefeuille. Sesa, LSL Property Services et ABG Sundal Collier Holding figurent parmi les positions les moins liquides. Ces deux derniers titres font partie des plus importantes expositions du fonds, avec une part de plus de 4 %.
