Hans Stegeman, Triodos Investment Management
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Il est irréaliste et même dangereux d’attendre les mêmes rendements financiers que par le passé - une mise en garde émise par Triodos Investment Management lors de la présentation des perspectives pour 2021.

« Bien que la croissance économique des pays développés se redressera en 2021, la reprise attendue sera probablement lente et inégale. » C’est ce que déclare Yuri de Wilde, stratège en investissement chez Triodos Investment Management. Les chiffres de croissance dépendront en grande partie du succès des campagnes de vaccination et le gestionnaire de patrimoine ne s’attend pas à ce qu’une proportion significative des citoyens des marchés développés ait été vaccinée avant le dernier trimestre 2021. 

Dans son scénario de base, Triodos prévoit que la partie la plus vulnérable de la population des marchés développés sera vaccinée d’ici la mi 2021, après quoi elle pourra progressivement revenir aux niveaux d’activité pré-pandémique, qui seront atteints au cours du dernier trimestre de 2021.

 « Nombre des effets négatifs de la récession de 2020 ont été retardés par les mesures fiscales et monétaires sans précédent. Celles-ci ont maintenu le nombre de faillites artificiellement bas et ont également limité les pertes d’emplois. Mais si de nouvelles contraintes sont imposées aux économies l’année prochaine, même les mesures politiques substantielles pourraient ne pas suffire à remédier aux problèmes de solvabilité des entreprises. » Le secteur des services, en particulier, en souffrira.

Politique monétaire

Selon Triodos IM, la combinaison d’un taux de chômage élevé et de faibles attentes en matière d’inflation garantit cependant que toutes les grandes banques centrales maintiendront leurs politiques ultra-accommodantes en 2021, ce que le gestionnaire de patrimoine ne voit pas d’un bon œil. Dès l’année dernière, Triodos IM avait déjà mis en garde contre les dangers d’une politique monétaire mondiale ultra-accommodante. « Bien sûr, nous ne nous attendions pas à ce que ce ne soit que la partie émergée de l’iceberg. Car en 2020, les marchés financiers sont encore plus déconnectés de l’économie réelle. Cette tendance devrait se poursuivre en 2021. Il s’agit d’une évolution dangereuse. La bulle des actifs financiers a déjà gonflé rapidement, certains marchés dépassant même leurs sommets d’avant la pandémie. Une évolution inquiétante, compte tenu de l’état lamentable de l’économie mondiale et de l’énorme incertitude qui plane sur l’avenir. Toutefois, nous sommes convaincus que les valorisations sont toujours importantes, ce qui fait que cette situation ne peut durer à long terme », déclare Hans Stegeman, Chief Investment Strategist.

Sous-pondéré en actions

Les marchés financiers sont fortement dépendants des responsables de la politique monétaire et fiscale, ce qui implique également un risque. « Le sentiment du marché peut rapidement changer si les banques centrales ne répondent plus aux attentes des investisseurs. Pour l’instant, aucun politicien ne proposera une politique d’épargne, mais cela changera tôt ou tard. Et alors, une crise ne sera pas loin », explique Stegeman. Un retard dans les campagnes de vaccination à grande échelle ou une augmentation des avertissements sur bénéfice et des faillites pourraient également créer des vents contraires. Pour le gestionnaire de patrimoine, c’est une raison suffisante de rester légèrement sous-pondéré en actions et neutre en obligations. 

Négatif sur les actions américaines

Triodos Investment Management reste négatif sur les actions américaines. De Wilde : « Le marché boursier américain garde une valorisation élevée, tant par rapport à d’autres régions que d’un point de vue historique. » Avec une majorité républicaine au Sénat, il sera difficile pour le président Biden de lancer un énorme plan de relance fiscale. Dans le même temps, le Sénat atténuera probablement ses projets d’augmentation de l’impôt sur les sociétés et d’introduction de réglementations plus strictes.

Selon le gestionnaire de patrimoine, les marchés européens et japonais sont relativement bon marché. De Wilde : « Il semble que les risques politiques de la zone euro se soient quelque peu atténués après que les dirigeants européens ont trouvé un accord sur un fonds de relance commun. L’incertitude des échanges avec le Royaume-Uni reste un risque sérieux. Dans le futur, le Japon devra principalement faire face à une confiance modérée ainsi qu’à une faible demande extérieure provenant des régions où le virus circule encore. » Néanmoins, le gestionnaire d’actifs est positif sur les actions japonaises et neutre à légèrement positif sur les actions européennes.

Long terme

Pour le long terme, Triodos IM prévient que les rendements financiers passés ne sont plus tenables. Stegeman : « Nous venons d’une période où les rendements financiers dépassaient largement la croissance économique. Cela ne peut pas continuer. Le secteur financier doit chercher le rendement d’une manière différente. Sinon, les clients seront induits en erreur quant au rendement qu’ils peuvent attendre de leurs investissements. Pire encore, attendre les mêmes rendements financiers qu’auparavant revient à financer l’effondrement du système financier, avec des effets désastreux à long terme. » Stegeman plaide en faveur d’une approche plus prospective de la question du rendement, en tenant également compte de défis tels que l’effritement des écosystèmes, la perte de biodiversité et l’accroissement des inégalités.

Lisez l’étude complète ici : 
 

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