« Aux États-Unis, la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire récente continue de brouiller l’analyse conjoncturelle en retardant la publication de nombreuses statistiques », dit Guy Wagner, chief investment officer (CIO) de BLI - Banque de Luxembourg Investments. Néanmoins, les données du PIB du troisième trimestre, diffusées avec près de deux mois de décalage, font état d’une expansion vigoureuse de 4,3 % en rythme annualisé, portée principalement par la solidité de la consommation des ménages. « Cette performance a toutefois été partiellement amplifiée par la hausse des dépenses publiques dans le secteur de la défense ainsi que par la contraction des importations, consécutive à leur forte progression précédant l’instauration des droits de douane. »
La croissance économique au troisième trimestre dans la zone euro a été principalement tirée par la France et l'Espagne
Dans la zone euro, la croissance du PIB s’est établie à 0,2 % en variation trimestrielle au troisième trimestre, « l’essor de l’investissement des entreprises et des dépenses publiques compensant largement la contribution négative des exportations nettes, pénalisées par le relèvement des barrières commerciales américaines ». Sur le plan géographique, la dynamique a été principalement soutenue par la France et l’Espagne, tandis que l’activité est restée atone en Allemagne. En Chine, la croissance demeure contenue, reflétant le manque de vigueur de l’investissement privé et de la consommation intérieure, ainsi que le rôle toujours contraignant du secteur immobilier. Au Japon, l’adoption d’un budget supplémentaire par le nouveau gouvernement devrait apporter un soutien à l’activité en 2026, au prix toutefois d’un renforcement des préoccupations relatives à la soutenabilité d’une dette publique déjà élevée.
Réserve fédérale : une pause dans le cycle d’assouplissement monétaire en perspective
En décembre, la Réserve fédérale américaine a procédé à une troisième réduction consécutive de 25 points de base de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux. La décision n’a toutefois pas fait l’unanimité au sein du comité : Stephen Miran, proche de l’administration Trump, s’est prononcé en faveur d’un assouplissement plus marqué de 50 points de base, tandis que deux membres ont privilégié le statu quo. « Le communiqué publié à l’issue de la réunion laissait entrevoir une possible pause dans le cycle d’assouplissement au cours des prochains mois, la baisse de décembre pouvant être interprétée comme une mesure de précaution face au risque – encore incertain – d’une dégradation du marché du travail », estime l’économiste luxembourgeois. Dans la zone euro, la Banque centrale européenne s’est montrée confiante quant à l’évolution de l’inflation et aux perspectives de croissance, estimant que le niveau actuel des taux d’intérêt est compatible avec la réalisation de ses objectifs de stabilité des prix et de soutien à l’activité.
États-Unis : l'inflation devrait rester durablement supérieure à l’objectif officiel de 2 %
En dépit de l’assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale, le rendement du bon du trésor américain à dix ans s’est inscrit en hausse en décembre. Ce mouvement reflète des anticipations de raffermissement de la conjoncture en 2026 ainsi que la perception d’une inflation durablement supérieure à l’objectif officiel de 2 %, ce qui a accentué le découplage entre l’évolution des taux courts et celle des taux longs. Dans le sillage des États-Unis, les rendements souverains européens ont également progressé : ainsi, le taux de référence à dix ans a monté aux États-Unis, en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne.
Les marchés boursiers ont clôturé l'année 2025 sur une tendance positive
Les marchés boursiers ont clôturé l’année 2025 sur une note modérément positive, en poursuivant globalement la tendance haussière observée pendant l’année, avant d’entrer dans une phase de légère consolidation à la fin du mois, typique des périodes de faible volume autour des fêtes de fin d’année. D’un point de vue régional, les évolutions ont été contrastées : le S&P 500 a cédé 0,1 % en dollars américains, tandis que les marchés européens ont poursuivi leur progression, le STOXX Europe 600 gagnant 2,7 % en euros. En Asie, le Topix japonais s’est apprécié de 0,9 % en yens et les marchés émergents ont également été favorablement orientés. « Au niveau sectoriel, les matériaux, la finance et l’industrie se sont distingués par les meilleures performances, alors que la consommation de base, l’immobilier et les services publics ont enregistré les évolutions les moins favorables », conclut Guy Wagner.