Kosten beleggingsfondsen
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Après la critique de l’Association européenne de l’Asset Management (EFAMA) sur un rapport récent de l’AEMF sur les coûts des fonds d’investissement européen, cette dernière reconnaît qu’une analyse plus poussée est nécessaire pour obtenir une vision plus complète.

Dans son rapport sur les coûts des fonds d’investissement, l’AEMF soulignait des différences significatives dans la structure des coûts entre les fonds dinvestissement américains et européens. Les mutual funds américains seraient nettement moins coûteux pour les investisseurs que les fonds UCITS européens, ce qui ne favorise pas la compétitivité des fonds européens.

Cependant, l’EFAMA conteste cette conclusion et affirme que les fonds d’investissement américains ne sont pas nécessairement moins chers que les fonds UCITS. D’après ses calculs, à la fin de l’année 2022, le coût moyen des fonds d’actions à gestion active et passive dans lUnion européenne s’élevait respectivement à 1,04 % et 0,27 %. En comparaison, ces frais atteignaient 1,14 % pour les fonds américains gérés activement, tandis que ceux des trackers indiciels variaient entre 0,47 % et 0,55 % – des niveaux sensiblement plus élevés que ceux des fonds européens.

Même si lon considère l’ensemble des coûts des fonds (total cost of ownership), y compris les frais de distribution et de conseil, les fonds UCITS gérés activement se révèlent en moyenne plus avantageux. « Les coûts totaux des fonds américains gérés activement ne sont inférieurs que si les frais de conseil sont inférieurs à 0,59 % par an », précise l’EFAMA.

Taille plus importante, coûts moins élevés

À l’instar de l’AMEF, l’EFAMA observe que les coûts moyens, rapportés à la taille des fonds, sont nettement moins élevés aux États-Unis qu’en Europe. Cependant, selon l’EFAMA, cet écart s’explique avant tout par l’utilisation massive des mutual funds à des fins d’épargne-retraite. Ces fonds relèvent ainsi d’une classe institutionnelle, ce qui permet d’établir des conditions tarifaires très différentes de celles des fonds retail, avec à la clé des coûts plus faibles pour les fonds américains.

« L’on argumente souvent que les fonds américains sont systématiquement moins chers que les fonds UCITS en raison de leur taille plus importante », déclare Tanguy van de Werve, directeur général de l’EFAMA. « Or, une analyse plus approfondie des chiffres met clairement en évidence l’importance de tenir compte de la structure des coûts et du contexte afin d’établir une comparaison équitable entre les fonds américains et européens. »

En réaction à ces remarques, un porte-parole de l’AEMF a déclaré à Investment Officer qu’il était logique, dans le dernier rapport du régulateur, de comparer les coûts en fonction de la taille des fonds. « Mais il est également possible d’analyser les coûts totaux, comme l’a fait l’EFAMA. »

Selon le porte-parole, les rapports de l’EFAMA et de l’AEMF aboutissent à une conclusion similaire, à savoir que les fonds de plus grande taille affichent généralement des coûts plus faibles, et que les fonds européens sont en moyenne nettement plus petits que leurs homologues américains.

Approfondissement de l’analyse

Le régulateur reconnaît que l’EFAMA va beaucoup plus loin dans son étude des écarts de coûts des fonds en prenant également en compte les frais de distribution. « L’AEMF ne s’est pas encore penchée sur les frais de distribution, faute de données disponibles, indique le porte-parole. Nous collaborons actuellement avec les autorités pour recueillir des données à ce sujet. »

Le régulateur européen prévoit d’intégrer l’analyse de ces nouvelles données dans un rapport de marché plus détaillé sur les coûts et les performances des fonds d’investissement européens, qui sera publié cette année. Selon le porte-parole de l’AEMF, ce rapport devrait offrir un éclairage supplémentaire sur les coûts des fonds.

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