China offshore windfarm
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L’entrée des actions chinoises A dans les indices MSCI a pour effet d’offrir aux investisseurs un éventail plus large pour faire leur choix. Malgré tout, le marché chinois dans son ensemble n’est pas le plus attractif pour le moment au sein d’un portefeuille de marchés émergents. Le flux entrant va augmenter, mais les soubresauts imprévisibles du président Trump et la dette élevée du pays restent toujours des facteurs de risque.

Ce sont les propos qu’a tenu le stratège Projit Chatterjee, spécialiste dans les actions des pays émergents auprès de UBS Asset Management, au lendemain de la très légère libéralisation du marché boursier chinois. « Trump semble encore miser sur un level playingfield avec la Chine, et l’impact sur la croissance économique de la Chine restera dans ce cas limité, mais si Donald Trump annonce des mesures plus importantes susceptibles de menacer les ambitions de la Chine à devenir l’acteur majeur dans le domaine Tech, les conséquences risquent d’être lourdes. »

Dans une interview avec Investment Officer, le stratège met en outre en garde contre les différences notables encore en vigueur qui caractérisent les marchés chinois onshore et offshore. Des secteurs porteurs dans un marché peuvent s’avérer perdants dans l’autre marché. Une raison de plus pour Chatterjee de préconiser davantage le stockpicking dans ce pays. 

Entreprises technologiques innovantes

Au sein du marché offshore, Chatterjee privilégie les entreprises technologiques innovantes et les entreprises de l’enseignement. « Si le secteur technologique s’en sort manifestement bien en Chine ces dernières années, les dirigeants s’en sont quant à eux encore mieux sortis. C’est précisément pour cette raison qu’il est si important d’examiner le modèle commercial d’une entreprise, et de se poser la question de savoir si une entreprise n’est pas trop axée sur un système de subsides et si elle consacre suffisamment d’attention à son R&D. »

Concernant le marché onshore, le stratège intronise au rang de favoris des secteurs tout à fait différents : les entreprises spécialisées en appareils électroménagers, les producteurs de liqueur et les fabricants de médicaments locaux. La prédilection pour les biens de consommation sur le marché onshore découle de la hausse de la consommation en tant que composant du PIB, affirme le stratège. « De ce fait, les chinois s’orientent toujours plus vers des produits de qualité, ce qu’on peut observer dans les ventes automobiles, mais aussi dans la consommation de bières et de liqueurs. Le haut de gamme prend de l’ampleur. » 

La disparité entre les préférences par marché finira par s’estomper, estime Chatterjee. Avec l’inclusion progressive du marché des actions chinoises A, le nombre d’actions A dans les portefeuilles des investisseurs étrangers et le flux entrant provenant d’angles passifs et actifs vont augmenter. Alors, les investisseurs verront de plus en plus le marché comme un ensemble unique, englobant tout simplement un plus vaste choix d’actions : le marché offshore comptant 393 actions, et le marché onshore avec ses 3084 actions. 

Lancement nouveau fonds

UBS AM a déjà lancé un fonds alliant aussi bien des actions H que A, pour renforcer sa confiance dans le regroupement des deux marchés : Le Fonds UBS Equity - All China Equity. Le portefeuille se compose d’une vingtaine à une cinquantaine d’actions, provenant aussi bien du marché onshore que du marché offshore.

En tout, UBS investit en ce moment dans près de 25 entreprises dans le fonds chinois A (onshore) et dans 60 entreprises dans le fonds chinois offshore, sélectionnées d’après la recherche fondamentale et en mettant l’accent sur la qualité. Le gestionnaire de fonds examine ensuite le management d’une entreprise, sa gouvernance d’entreprise et la durabilité du modèle commercial. « Vous pouvez alors éliminer tant d’entreprises en Chine, que le nombre d’entreprises pour lesquelles vous procédez ensuite à un examen en profondeur, est passable. Cela permet de découvrir plus facilement les leaders dans leur secteur. »

Hongkong et Chine

L’accessibilité accrue du marché onshore chinois (actions A), notamment via les liaisons boursières entre Hong Kong et Shanghai d’une part, et Hong Kong et Shenzhen d’autre part, a permis à UBS il y a un an et demi d’investir davantage dans les actions chinoises A onshore au départ de portefeuilles asiatiques. Récemment, le gestionnaire d’actifs a également renforcé les positions de ses portefeuilles de marchés émergents. 

À la connaissance de Chatterjee, UBS AM n’est pas le seul sur ce front. « Le programme Stock Connect fur le premier catalyseur qui a incité les gestionnaires de fonds à voir les choses en grand en Chine, l’annonce de MSCI d’inclure la Chine à ses indices et sa concrétisation en sont un deuxième. » Le stratège cite les chiffres de MSCI : le fabricant d’indice estime qu’en 2018, le flux entrant sur la deuxième place boursière la plus importante au monde atteindra près de 15 milliards de dollar, et 290 milliards de dollar deux ans plus tard. 

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