Goldman Sachs a ‘fortement’ revu à la baisse ses attentes concernant les taux d’intérêt allemands. La banque d’investissement américaine s’attend à ce que le taux d’intérêt à 10 ans de la plus grande économie de la zone euro atteigne 0,5 % d’ici la fin de l’année. Les économistes de Goldman tablaient précédemment sur 1 %.
« Nos économistes s’attendent à ce que la zone euro continue à connaître une croissance supérieure à la moyenne, mais à un rythme plus lent qu’en 2017 », écrivent les stratèges de Goldman Sachs. Ils prévoient que l’inflation de base, un critère important pour la Banque centrale européenne (BCE), reste aux alentours de 1 %. « La BCE semble partager cette attente, ce qui suggère qu’il est peu probable qu’elle augmente les taux d’intérêt créditeurs avant l’été prochain. »
La BCE vise une inflation proche de 2 %, mais inférieure à 2 %. Tant que cet objectif ne sera pas atteint, il est évident que les banques centrales maintiendront les taux d’intérêt à un bas niveau. Comme d’autres banques centrales, la BCE a également acheté des centaines de milliards d’obligations d’État et d’entreprises au cours des dernières années dans l’espoir de faire progresser l’inflation. Ce programme a été réduit par étapes depuis le début de l’année et se terminera en décembre. Au dernier trimestre 2018, Francfort achète encore pour 15 milliards d’euros de titres de créance.
Le facteur Italie
La réduction de ce programme de rachat devrait normalement faire augmenter les taux d’intérêt allemands si, selon les stratèges de Goldman, cet effet n’était pas limité par un certain nombre de facteurs. Tout d’abord, les anticipations d’une éventuelle hausse du taux d’intérêt de la BCE au cours des six derniers mois ont été tempérées, ce qui s’est traduit par une baisse des taux d’intérêt. Ils estiment que cette situation restera inchangée au cours de la période à venir.
En outre, l’agitation en Italie comprime les taux d’intérêt allemands. Les investisseurs fuient les obligations italiennes, plus risquées, au profit de la variante allemande plus sûre. Selon Goldman Sachs, les investisseurs s’attendent à ce que la BCE prenne des mesures si la situation en Italie devient incontrôlable, ce qui exerce également une pression sur les taux d’intérêt des principaux pays européens, comme l’Allemagne. Selon Goldman, le taux d’intérêt allemand à dix ans est inférieur de 10 à 15 points de base grâce à l’Italie.
Le taux d’intérêt allemand à dix ans a augmenté rapidement au début de cette année, passant d’environ 0,45 % en janvier à près de 0,8 % en février, avant de chuter. Depuis le début de la tourmente en Italie en mai, les taux d’intérêt ont de nouveau fortement baissé. Jeudi, le taux d’intérêt allemand à dix ans fluctuait autour de 0,35 %.
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