CIO China Victoria Mio
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Par le passé, les élites politiques américaines pensaient que tant que la Chine s’intégrait davantage au système commercial mondial, elle chercherait à se rapprocher idéologiquement du monde occidental. Cependant, cette idée a été balayée par la consolidation du pouvoir du président chinois Xi Jinping.

Tel est ce qu’affirment Victoria Moi, CIO Chine, et Fabiana Fedeli, head of fundamental equities de Robeco, dans un rapport de marché. Après avoir rencontré plusieurs leaders de la finance, représentants politiques et analystes de groupes de réflexion, les deux gestionnaires de portefeuille concluent qu’il est question d’un piège de Thucydide et que la question est de savoir s’il est possible pour la Chine de donner à l’Amérique ce qu’elle demande. 

« À la suite du déplacement du vice-premier ministre Liu He en Amérique en mai dernier, la Chine a indiqué qu’elle augmenterait sensiblement ses achats de biens et services américains et qu’elle renforcerait sa coopération en matière d’investissements bilatéraux et de protection de la propriété intellectuelle. En revanche, la question demeure quant à la manière dont la Chine peut augmenter ses volumes de biens importés pour arriver aux 200 milliards de dollars exigés, sans acheter de marchandises sensibles en matière de propriété intellectuelle que les États-Unis ne souhaitent plus vendre pour des raisons de sécurité. »

Ouverture

C’est vrai, la Chine avait déjà promis de s’engager davantage dans la coopération internationale et d’ouvrir son marché intérieur. Et c’est ce qui se produit : le pays prend des mesures en permettant aux investisseurs étrangers d’accéder à son marché d’actions et en renforçant la réglementation dans certains secteurs. 

« Mais, comme toujours, le diable est dans les détails », déclarent Mio et Fedeli. Les actions étrangères chez les banques et les assureurs viennent par exemple de chuter en Chine et les contre-prestations de la Chine ne sont pas satisfaisantes pour l’administration américaine. Les managers de Robeco se demandent si la Chine en fait sufisamment pour rétablir les relations avec les États-Unis.

Suivre de très près les conflits commerciaux

Le ton protectionniste du gouvernement Trump a été durci et les restrictions commerciales vont augmenter, concluent-elles sur la base de leurs discussions avec les leaders de la finance à ce sujet. « À court terme, nous devons suivre de très près les conflits commerciaux entre les États-Unis et la Chine car les deux parties maintiendront une attitude ferme, ce qui pourrait causer certains dommages en cours de route. » 

Elles soulignent les ‘inévitables conséquences indésirables’, telles que l’augmentation des défauts de paiement pour les obligations d’entreprises, qui préoccupe certains investisseurs étrangers. « Ceux-ci peuvent impliquer des risques systématiques. »

Si une guerre commerciale devait réellement éclater, Mio et Fedeli s’attendent à ce que le gouvernement chinois assouplisse quelque peu sa politique afin de se couvrir contre les risques à la baisse.

Marchés d’actions chinoises

 Mio et Fedeli demeurent positives à l’égard des marchés d’actions chinoises et maintiennent leurs prévisions de 6,5 % pour la croissance chinoise en 2018. Grâce à la hausse des revenus et des prix de l’immobilier ainsi qu’à la stabilité de la production industrielle, la confiance des consommateurs reste élevée, affirment les managers de Robeco. Et d’ajouter : « La dynamique bénéficiaire des entreprises chinoises a quelque peu ralenti au premier trimestre mais est restée soutenue, à 15,6 % en variation annuelle. »

 

 

 

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