L’intégration de la société de courtage belge Degroof Petercam au sein de l’écosystème du groupe français Indosuez et de sa maison mère, Crédit Agricole, élargit également le champ d’action de leurs fondations philanthropiques.
Astrid Campistron (au milieu sur la photo) et Julie Castille (à droite), respectivement directrices générales de la Fondation Indosuez Europe et de la Fondation Indosuez Suisse, ont rejoint le conseil d’administration de la Degroof Petercam Foundation le mois dernier. Cette dernière est l’une des plus importantes fondations d’entreprise belges, dotée d’un actif permanent d’environ 30 millions d’euros.
Ces nominations témoignent d’une coopération accrue entre les trois fondations philanthropiques, qui appartiennent au même groupe depuis le rachat de Degroof Petercam par Indosuez. « Nous siégerons chacune au conseil d’administration de l’autre. Toutefois, les trois fondations conserveront leur autonomie et ne fusionneront pas. L’expérience montre que les projets philanthropiques sont plus efficaces lorsqu’ils sont proches des populations et ont une mission locale », explique Anne-Sophie Pype, directrice générale de la Degroof Petercam Foundation.
Chacune des fondations privilégie une thématique spécifique et intervient dans des domaines différents. La Degroof Petercam Foundation œuvre principalement en Belgique pour l’autonomisation des individus par l’éducation, l’emploi et le bien-être social. La Fondation Indosuez Europe soutient des projets dans divers pays européens, la majeure partie de ses ressources étant consacrée à l’inclusion sociale de groupes très vulnérables, tels que les personnes atteintes de maladies chroniques ou les victimes de violences sexuelles. La fondation suisse, quant à elle, se concentre principalement sur des projets écologiques, d’économie circulaire et d’inclusion dans des pays plus éloignés comme le Népal ou le Cambodge.
Où se situent donc les synergies potentielles ? « Nous partageons nos connaissances grâce à des groupes de travail communs. Par exemple, notre fondation a participé à l’étude Scalomètre sur l’importance de l’échelle pour l’impact social des projets philanthropiques. Ces connaissances sont également utiles à nos fondations sœurs », répond Anne-Sophie Pype.
Lien transfrontalier
« De plus, nombre de clients de la banque sont actifs à l’international, par exemple des Belges résidant en Suisse et inversement. Nous pouvons désormais offrir aux Belges souhaitant obtenir des informations locales pour mettre en place leur propre projet philanthropique en Suisse une connaissance approfondie du contexte local et un réseau de contacts plus étendu. »
« On peut considérer les fondations comme une sorte de laboratoire pour l’engagement philanthropique. En organisant des événements et des tables rondes communs pour nos clients, nous leur donnons également accès à notre expertise transfrontalière. De cette manière, nous créons un écosystème plus vaste pour générer un impact sociétal plus important, ce qui est notre objectif ultime. »
Steven Serneels est le troisième nouveau venu au conseil d’administration de la Degroof Petercam Foundation. Il est le président d’Impact Finance Belgium, l’association dédiée à l’investissement d’impact.
Sept family offices sur dix s’engagent dans la philanthropie
La philanthropie est une priorité pour les family offices, comme l’a montré une enquête réalisée au Benelux par la banque privée Mercier Van Lanschot à la fin de l’année dernière. Sept family offices sur dix pratiquent la philanthropie, principalement par le biais de dons directs à des organisations caritatives. Environ quatre familles interrogées sur dix pratiquent également l’investissement d’impact, qui consiste à rechercher des avantages sociaux ou environnementaux en plus des rendements financiers. Environ un tiers des familles ont leur propre fondation.