Rome, Italy
Rome.jpeg

Dans les nombreuses perspectives du marché communiquées par les gestionnaires de fonds quant à la situation en Italie, on perçoit une certaine confiance : l’Italie ne va pas devenir la prochaine Grèce, et la BCE interviendra si les choses en arrivent à une sortie italienne de l’UE et de la zone euro. Ce sont surtout les actions bancaires italiennes qui sont touchées, dit l’un. Une chance pour les investisseurs, dit l’autre. Mais tous restent prudents.

Janus Henderson, Fidelity, Invesco, Amundi et Nomura, entre autres, ont publié des rapports quant à la situation du pays où le rendement des titres d’État à 10 ans, avec 2,84 pour cent, reste élevé et où le Mouvement 5 Étoiles tente de sauver le gouvernement de coalition. Giuseppe Conte (photo) avait auparavant renoncé à sa mission de formation, qui lui avait été confiée par le président.

« La situation en Italie inquiète beaucoup l’Europe. On craint une nouvelle situation grecque à la Varoufakis, mais l’Italie est beaucoup plus grande que la Grèce », explique Janus Henderson dans un rapport de marché figurant dans la base de données de Fondsnieuws. Le gestionnaire de fonds souligne qu’une sortie italienne de l’euro ne résoudrait pas le problème de la dette et pourrait même l’aggraver, car le coût de la dette italienne augmenterait alors encore davantage. 

« Le spread de la dette italienne à 10 ans excède désormais les 270 points de base, soit plus de 100 points de plus qu’il y a quelques semaines. (…) La cause d’un tel niveau de la dette n’est pas imputable aux populistes – le Mouvement 5 Étoiles et la Lega ne faisaient pas partie de l’ordre établi politique qui a trop dépensé ou emprunté. Mais c’est un problème qu’ils ne peuvent pas continuer à négliger. Ils vont devoir collaborer avec leurs collègues européens en vue de trouver une solution. » 

Here we go again

On peut lire « here we go again » dans un rapport de marché de Nomura. « On dirait qu’il est temps de dépoussiérer le script de la crise de l’euro », commente le gestionnaire. Mais Nomura note aussi de grandes différences avec cette période. L’Italie a de l’argent de côté, un mécanisme européen de crise a été lancé et le pays a connu une croissance régulière depuis 2014. Dans le même temps, le climat politique s’est fortement compliqué, avec la création de toutes sortes de nouveaux partis politiques. 

« Inutile de préciser que nous adoptons une position prudente en ce qui concerne les marchés. Nous attendons un peu plus de stabilité pour les spreads des obligations italiennes, autour des 250 à 300 points de base, mais une foule d’événements pourrait encore prolonger l’instabilité. » 

Italexit

Si les choses en arrivaient à un Italexit, la Banque centrale européenne interviendrait, comme l’indique entretemps un rapport de marché d’Invesco. Les turbulences que traverse actuellement le marché se renforceraient dans le cas d’un départ italien de l’UE, mais pas pour longtemps, grâce à la BCE. « Les risques géopolitiques créent une forte instabilité à court terme, mais ont rarement une influence sur le long terme », affirme le gestionnaire de fonds à l’attention des investisseurs à long terme qui pourraient se faire du souci. 

Pour l’Italie elle-même, c’est une autre histoire. Selon Invesco, un Italexit constituerait une menace pour le pays. « Une grande partie de la dette publique est entre des mains nationales et, dans le cas d’un Italexit, serait remboursée dans une nouvelle lire moins forte. » 

La cote de crédit italienne

Fidelity s’intéresse aux conséquences pour les marchés des actions et obligations. « Le marché boursier italien, le favori en Europe ces deux dernières années, a déjà enregistré une surperformance par rapport aux indices globaux européens. Ce sont surtout les actions bancaires qui sont en berne. Entretemps, les obligations d’État italiennes ont fait un bond, et le spread avec leurs homologues allemands ‘sûrs’ s’est creusé. » 

Le gestionnaire de fonds souligne que toutes les catégories italiennes à revenu fixe souffrent de la situation, mais les plus fortement touchées sont les obligations d’État. « Cet impact sera plus prononcé encore si les agences de notation de crédit revoient à la baisse la cote de crédit italienne. » Pour Fidelity, les évaluations sont un peu plus équilibrées suite à la sous‑performance des actifs italiens et ceci pourrait offrir des opportunités aux investisseurs prêts à endurer la volatilité et s’intéresser de plus près aux valeurs fondamentales d’une entreprise. 

Les actions bancaires bon marché

À l’instar de Fidelity, Amundi Asset Management évoque aussi la sous‑performance du marché boursier italien. « Plus de 30 pour cent de l’indice principal italien est représenté par des institutions financières nationales. Les banques italiennes se portent à présent mieux que par le passé pour ce qui concerne le capital et suivent une tendance de restructuration positive, aussi bien en matière de réduction des coûts que de réduction des prêts non productifs. » Le gestionnaire reste prudent sur le court terme, comme il l’indique dans son rapport de marché. « Mais si les aspects politiques se clarifient, les banques italiennes pourront rebondir grâce à leur faible valorisation. »   

Author(s)
Access
Limited
Article type
Article
FD Article
No