Moins de deux mois après avoir acquis le gestionnaire d’actifs Petram & Co, basé à Utrecht, Delen Private Bank a annoncé mardi qu’elle souhaitait acquérir la société Servatus Vermogensmanagement, basée à Bois-le-Duc. Cette acquisition s’inscrit dans le cadre de la stratégie de croissance de la banque privée aux Pays-Bas.
Servatus gère plus de 700 millions d’euros, ce qui porte les actifs gérés par Delen aux Pays-Bas à environ 4,5 milliards d’euros, répartis entre quelque 3500 clients.
Avec l’acquisition de Servatus, la banque belge Delen a désormais à son actif sept acquisitions aux Pays-Bas en neuf ans. En juillet 2015, la société d’investissement Ackermans & van Haaren et Oyens & Van Eeghen ont signé un accord prévoyant l’acquisition du gestionnaire d’actifs néerlandais et l’intégration de sa banque privée belge, Bank Delen.
Nobel Vermogensbeheer a suivi en 2019, Groenstate Vermogensbeheer en 2023, Puur Beleggen en 2024 et, en octobre de la même année, Box Consultants. Au début de cette nnée, Delen a annoncé l’acquisition de la société Petram, basée à Utrecht.
Peu de chevauchement dans la clientèle
Bon nombre de ces acquisitions visaient des villes où Delen n’était pas encore présente. Avec Servatus, la banque privée reste proche de chez elle, puisque Delen dispose déjà d’un bureau à Bois-le-Duc. « En toute honnêteté, nous examinons d’abord dans quelle mesure une organisation correspond à notre ADN et à nos valeurs. L’emplacement est secondaire », déclare Frederik Kalff, directeur de Delen Private Bank Nederland à Investment Officer. Pour l’instant, les deux bureaux de la ville resteront ouverts, mais à terme, ils devraient logiquement être fusionnés. En outre, le fait qu’il n’y ait pratiquement aucun chevauchement dans la base de clientèle des deux parties rend l’opération « particulièrement intéressante », selon M. Kalff.
Après tant d’acquisitions en peu de temps, n’est-ce pas un énorme défi que de mettre tout le monde sur la même longueur d’onde ? M. Kalff se pose régulièrement cette question. « Je pense que le fait que nous soyons en phase avec l’organisation rachetée en termes de culture et d’ADN nous aide énormément . Dans notre recherche de bons candidats, il est également important que la politique et la philosophie d’investissement correspondent, sinon c’est compliqué. »
Frederik Kalff affirme également qu’il est important d’organiser des réunions physiques aussi souvent que possible. Des déjeuners, des sessions de formation ou d’autres moments permettant de renforcer l’esprit d’équipe sont régulièrement organisés. Le dirigeant a également fait l’éloge du système de parrainage, dans lequel un jeune banquier de Delen est parrainé à un banquier de la partie acquise. « Cela contribue directement à rapprocher les collègues. »
Intégration de Box
Delen est à mi-chemin du processus d’intégration de Box, tandis que sa récente acquisition de Petram doit encore être approuvée. Les quatre autres acquisitions sont déjà pleinement intégrées. M. Kalff prévoit de finaliser l’acquisition de Servatus après l’été, après l’approbation habituelle des autorités de régulation aux Pays-Bas et en Belgique.
Si Delen se concentre actuellement sur l’intégration des dernières acquisitions, elle ne compte pas rester les bras croisés ensuite. Pour l’avenir, la banque n’exclut pas des acquisitions à Breda, Rotterdam et La Haye, par exemple. « Nous prenons régulièrement le café avec les organisations concernées », concède M. Kalff.
Le capital restant dans le trésor de guerre est-il suffisant ? « Nous avons l’avantage d’avoir deux actionnaires solides, la famille Delen et le holding coté Ackermans & van Haaren. Ils sont très satisfaits de l’évolution actuelle et s’engagent à contribuer à la poursuite de l’expansion aux Pays-Bas », explique M. Kalff.
En attendant la consolidation
Bien que Delen ait déjà réalisé un certain nombre d’acquisitions, le dirigeant ne constate pas encore de diminution significative du nombre de gestionnaires d’actifs aux Pays-Bas. « Quelques nouvelles organisations apparaissent chaque année, mais nous essayons de contribuer à la consolidation. »
Sur les quelque 130 entreprises que comptent les Pays-Bas, Delen a déjà dressé une liste d’une dizaine de noms dignes d’intérêt. « Ce sont des contacts que nous entretenons », affirme Frederik Kalff.
En Belgique, la consolidation a déjà pris une ampleur considérable. Le dirigeant estime qu’il ne reste plus qu’une trentaine d’organisations actives. « La question reste de savoir si nous allons évoluer vers un nombre comparable de gestionnaires d’actifs aux Pays-Bas. Mais je pense que la consolidation avance aux Pays-Bas également, en partie grâce à des lois et des réglementations plus strictes. Les organisations que nous rachetons nous disent souvent qu’elles sont heureuses de reprendre leurs activités et de consacrer moins de temps aux questions de conformité. »