Funds For Good remplace son fonds de niche dans les technologies propres par un fonds général axé sur les actions mondiales, géré par Fisher Investments. D’autres modifications apportées à la gamme de fonds témoignent également d’une approche plus pragmatique, où les rendements sont plus importants qu’un score élevé sur les critères de durabilité.
L’engagement social est une caractéristique reconnue du distributeur de fonds bruxellois Funds For Good (FFG) : une partie des commissions reçues est utilisée par une asbl sœur pour soutenir les entreprises de l’économie sociale. Sa gamme de fonds joue également la carte de la responsabilité sociale des entreprises et du développement durable.
Toutefois, après plusieurs années de rendements décevants, cette orientation est en train d’être partiellement modifiée. Le fonds Cleantech II de FFG, par exemple, a obtenu un rendement négatif de 10,7 % en 2024.
« Jusqu’en 2021, nous avons obtenu de bons rendements. Il y avait un marché haussier général, les taux d’intérêt étaient bas et l’optimisme régnait vis-à-vis des petites capitalisations et de la durabilité, explique Nicolas Crochet, co-CEO de Funds for Good. Mais depuis, nos fonds les plus axés sur les critères ESG ont connu des années difficiles en raison de vents contraires : les taux d’intérêt sont repartis à la hausse. Les petites capitalisations, les actions européennes et les technologies propres n’étaient plus des thèmes prisés par le marché. Il a été difficile pour certains de nos fonds de s’adapter à ces nouvelles circonstances. »
Retour des investisseurs
La majeure partie de la gamme de fonds de FFG est constituée de sept (sous-)fonds qui font partie d’une SICAV mère luxembourgeoise (512 millions d’euros d’actifs nets à la fin de 2024). Cleantech II est l’un d’entre eux. FFG vend ses fonds par l’intermédiaire de courtiers d’assurance ou de canaux bancaires, ainsi qu’auprès de family offices et d’investisseurs institutionnels. Une enquête auprès de ses investisseurs a servi de base à un examen approfondi de la gamme, avec l’aide de consultants externes.
« L’enquête a montré que nos clients attendent une combinaison de performance financière et d’impact social positif. Cette performance est vraiment importante pour nos investisseurs. Les critères de durabilité ESG ne doivent pas entraver le rendement », indiquent M. Crochet et Zaraï De Pelsmacker, responsable du développement de l’activité en Flandre.
Le retour d’information est toujours clair : de nombreux clients demandent un fonds diversifié axé sur les actions mondiales qui surperforme l’indice du marché, comme base à long terme dans leur portefeuille d’investissement. C’est pourquoi FFG a décidé de fermer le fonds Cleantech II, dont les performances étaient insuffisantes, et de le remplacer par un fonds d’actions mondiales.
Ken Fisher
Lors de sa recherche d’un gestionnaire, Funds For Good s’est basé sur plusieurs critères : des antécédents solides et une flexibilité avérée dans des circonstances financières changeantes. En outre, l’organisation ne voulait pas d’un fonds ordinaire déjà disponible ailleurs. « À notre agréable surprise, plusieurs gestionnaires de fonds du monde entier se sont portés candidats. Mais un gestionnaire s’est démarqué des autres : Fisher Investments », déclare M. Crochet.
Cette société de fonds atypique est surtout connue pour son fondateur, le légendaire milliardaire américain et gourou de la Bourse Ken Fisher (75 ans), qui en est toujours le président exécutif. Fisher Investments gérera le fonds Global Equity Convictions pour FFG, qui, selon Nicolas Crochet, est la seule stratégie de Fisher disponible en Belgique par le biais d’une structure de fonds. Le géant américain des fonds propose également des investissements directs en Belgique, mais uniquement pour des actifs d’au moins 350 000 euros.
Fisher Investments opte résolument pour un style d’investissement descendant, estimant que les grands mouvements macroéconomiques ou géopolitiques sont bien plus déterminants pour l’évolution des cours des entreprises et des secteurs que les caractéristiques individuelles d’une action sous-jacente.
Changement de nom
Un autre changement dans la gamme de fonds révèle une approche plus pragmatique. Le fonds Global Flexible Sustainable s’appelle désormais Global Flexible Convictions. En supprimant le terme « durabilité » de son nom, FFG ouvre la porte aux investissements dans l’or. Le gestionnaire de ce fonds reste la Banque de Luxembourg Investments, avec Guy Wagner comme Chief Investment Officer.
Mais cela ne signifie certainement pas que FFG abandonne toutes ses ambitions en matière de durabilité, soulignent M. Crochet et Mme De Pelsmacker. Ainsi, comme les autres fonds avant lui, le nouveau fonds Fisher a également été rendu compatible avec Towards Sustainability et FFG cherchera à obtenir ce label de durabilité dès que possible.