BNP Paribas Asset Management
BNP Paribas Asset Management

BNP Paribas Asset Management prévoit une croissance annuelle de 5 à 6 % pour sa division d’investissements alternatifs et la consolidation de sa position de leader européen. Le gestionnaire de fonds se dit peu affecté par le sentiment négatif qui entoure le crédit privé. 

Le belge Lars Machenil, directeur financier de BNP Paribas, et d’autres hauts responsables du groupe français ont expliqué lors d’une vidéoconférence mardi après-midi l’ambition annoncée par BNP Paribas AM d’augmenter les actifs sous gestion de 350 milliards d’euros d’ici 2030. Ces derniers atteignent 1,624 milliard d’euros après l’acquisition récente d’AXA IM. L’objectif est donc d’approcher les 2000 milliards d’euros en cinq ans. 

La modélisation de BNP suppose un impact de 0 % des évolutions du marché pour atteindre l’objectif d’une croissance de 350 milliards d’euros. « L’histoire montrera peut-être qu’il s’agit d’une sous-estimation » a déclaré M. Machenil.
 

Graphique : actifs sous gestion

assets under management

Trois moteurs de croissance

Le segment le plus important, celui de la gestion active et des ETF, a pris une ampleur considérable grâce à la solide contribution d’AXA IM dans le domaine des revenus fixes, avec un encours actuel de 1150 milliards d’euros. L’ambition est d’atteindre 1335 milliards d’euros d’ici à 2030. Cela représente 185 milliards d’euros d’argent frais net, soit un taux de croissance de 3 % par an. Pour ce faire, BNP Paribas AM compte sur les collectes des divisions Retail et Wealth management de sa maison mère, ainsi que sur celui des investisseurs institutionnels et des assureurs.
La société de gestion prévoit un taux de croissance encore plus rapide, de 5 à 6 % par an, pour les actifs alternatifs. Cela devrait entraîner un afflux net de 85 milliards d’euros d’ici 2030, pour atteindre 385 milliards d’euros. La catégorie comprend le capital-investissement, le crédit privé, la dette privée, l’immobilier et l’infrastructure. 
Isabelle Scemama, responsable des actifs alternatifs, considère les investissements comme « le segment le plus prometteur pour la croissance du marché », invoquant la « démocratisation » parmi les clients des division retail et wealth et la disposition croissante des investisseurs institutionnels à accepter l’illiquidité des actifs alternatifs. Elle dirigeait auparavant la même division chez AXA IM, spécialisée dans les investissements alternatifs. 
 

« Nous voyons davantage d’investisseurs envisager les investissements alternatifs européens comme une solution pour équilibrer leur portefeuille, une tendance renforcée par les tensions géopolitiques. »

Isabelle Scemama, responsable des actifs alternatifs BNP Paribas Asset Management

Avec 300 milliards d’euros d’actifs alternatifs sous gestion, dont la grande majorité est apportée par AXA IM, BNP Paribas AM peut enfin jouer dans la cour des grands du segment, même si l’écart avec les géants américains reste important. Le CEO Sandro Pierri affirme que « BNP Paribas AM est désormais le numéro un européen des actifs alternatifs, dans un secteur dominé par les acteurs américains ».

« Notre forte présence en Europe est un avantage concurrentiel, déclare Mme Scemama. Nous constatons que de plus en plus d’investisseurs considèrent l’Europe comme une alternative attrayante pour équilibrer leurs portefeuilles, ce qui est renforcé par les tensions géopolitiques actuelles. »

Le groupe français se dit peu affecté par le sentiment négatif qui entoure actuellement le crédit privé et les véhicules BDC américains qui ont fait couler beaucoup d’encre. « C’est particulièrement vrai aux États-Unis », note Renaud Dumora, vice-directeur des opérations chez BNP Paribas. « Notre offre sur le marché du crédit privé et alternatif est très large et nous constatons que les investisseurs, en particulier institutionnels, sont très intéressés par cette classe d’actifs qui leur permet de se diversifier. »

Au sujet du troisième moteur de croissance, les joint-ventures, BNP Paribas AM a donné peu de détails. Ces activités devraient générer 80 milliards d’euros d’argent frais sur cinq ans, soit un taux de croissance de 8 % par an. M. Machenil a précisé qu’il s’agissait principalement de collaborations avec des acteurs locaux en Asie, notamment en Chine, en Corée du Sud et en Inde.
Graphique : ambitions pour l’afflux d’argent frais de BNP Paribas AM

net inflows

Fusion des fonds

Fait remarquable, BNP Paribas AM a pour objectif de faire croître les actifs sous gestion sans augmenter les coûts d’exploitation. Le ratio coûts/revenus, qui est un objectif d’efficacité, passe de 71 % aujourd’hui à moins de 60 % dans cinq ans.

Des responsables de BNP Paribas affirment que l’intégration d’AXA IM est en bonne voie. Les fusions juridiques ont été achevées et la communication avec les clients est unifiée. Cela se reflète également dans les conférences sectorielles, telles que la récente conférence Asset Management Tomorrow qui s’est tenue à Bruxelles (voir photo ci-dessus) où l’on ne voyait plus aucune trace du bleu distinctif d’AXA. Toutes les activités de vente et de marketing ont récemment été entièrement réalisées dans la couleur verte de la marque BNP.

Le problème opérationnel le plus difficile à résoudre cette année pourrait être la suppression des doubles fonctions. M. Dumora a réaffirmé mardi que cela coûterait 1200 emplois dans le monde, dont 600 en France. Des négociations sociales sont en cours dans ce pays.

La fusion des gammes de fonds devrait être achevée à la mi-2027 et l’intégration informatique devrait également être en place quelques mois plus tard.

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