La forte demande d’or de la part des banques centrales et la sous-exposition relative des particuliers au marché du métal précieux pousseront les prix de l’or à la hausse en 2026, prévoit Carmignac. La société de gestion a tout de même légèrement réduit sa part d’or.
Lors de la réunion annuelle de Carmignac qui s’est tenue à Paris la semaine dernière, l’investisseur multi-actifs Jacques Hirsch, du fonds phare Patrimoine (8,4 milliards d’euros d’encours), a souligné l’importance des matières premières dans un portefeuille, et plus particulièrement celle de l’or, dans son intervention sur le thème de l’allocation d’actifs actuelle de Carmignac.
M. Hirsch inscrit cette opinion sur les matières premières dans un contexte de « changement de la nature de la politique économique, de recul des banques centrales et de politique budgétaires agressive des gouvernements ». « Prenons l’exemple des États-Unis : le taux de chômage y est relativement bas, à environ 4,5 %, mais dans le même temps, le déficit budgétaire est d’environ 6 % du PIB, un niveau historiquement très élevé. »
Du fait de la politique budgétaire expansionniste soutenant la croissance nominale, Carmignac a eu une exposition aux actions relativement élevée pendant deux ans. Comme les déficits budgétaires importants se traduisent également par des émissions obligataires importantes, la société de gestion maintient des durations faibles dans ses portefeuilles. Un troisième principe de la construction actuelle du portefeuille est que les obligations ne se diversifient pas aussi bien que les actions à l’heure actuelle. Par conséquent, les investisseurs doivent « se tourner vers d’autres actifs, tels que l’or et les matières premières ». « En outre, les matières premières ont toujours été les grandes gagnantes des tensions géopolitiques, et plus particulièrement l’or. »
Hausse du prix de l’or
En 2025, le prix de l’or est passé de plus de 2600 dollars à plus de 4500 dollars l’once troy (31,1 grammes). M. Hirsch estime que le métal précieux pourrait encore augmenter cette année, mais il ne donne pas de limite supérieure précise. Il souligne que la demande d’or des banques centrales devrait rester élevée. « La semaine dernière, la banque centrale polonaise a annoncé qu’elle allait acheter 150 tonnes d’or. Cela représente 4 à 5 % de la production minière mondiale. C’est une quantité considérable. »
M. Hirsch justifie en deuxième lieu cette affirmation par le fait que les portefeuilles d’investissement des particuliers contiennent relativement « peu » d’or. C’est en tous cas moins qu’en 2022, selon le gestionnaire de fonds, en faisant référence aux actifs des ETF or. « D’un point de vue plus technique, nous ne constatons pas les signes classiques d’euphorie dans le secteur minier. Il n’y a pas de mégafusions, les dépenses d’investissement restent limitées et les valorisations sont encore raisonnables. C’est pourquoi nous restons exposés à l’or, même si l’exposition est légèrement inférieure à ce qu’elle était auparavant. »
Le fonds Patrimoine investit dans l’or par le biais de sociétés minières, tandis que les investisseurs de Carmignac privilégient les entreprises issues de « pays stables », telles que l’Amérique du Nord et du Sud, et celles dont les coûts de production sont faibles.
Cuivre
Parmi les autres métaux, Carmignac trouve le cuivre intéressant. Selon M. Hirsch, « la production minière a eu du mal à croître ces dernières années. Des incidents graves se sont produits dans plusieurs mines, notamment au Congo. Dans le même temps, la demande continue d’augmenter, en raison de la croissance économique mondiale et des nouvelles applications liées à l’intelligence artificielle. La politique commerciale de Donald Trump, qui a réorienté d’importants flux de cuivre, joue également un rôle. Cela a radicalement changé l’équilibre du marché. »
L’exposition aux actions du fonds Patrimoine de Carmignac s’élève actuellement à environ 38 %, avec une prédominance des secteurs de la santé, de la finance et de la technologie. La duration est proche de zéro et, en termes de devises, le fonds phare de Carmignac est axé sur les exportateurs de matières premières et les marchés émergents.En 2025, Patrimoine a réalisé un rendement de 13 %, contre 1,1 % pour l’indice de référence. Sur une période de trois ans, le fonds est en hausse de près de 28 %, contre plus de 21 % pour l’indice de référence.