Une enquête commanditée par AG Insurance montre que les événements géopolitiques entraînent une diminution de l’appétit pour les investissements américains.
L’enquête menée auprès de mille Belges examine notamment leur attitude envers les États-Unis en tant que destination pour leurs investissements. Il en ressort que le sentiment d’une partie des investisseurs à l’égard des États-Unis s’est retourné. Environ un quart des répondants détenant des placements américains en portefeuille a réduit son exposition financière aux États-Unis au cours de la période écoulée.
Ainsi, 23,6 % des Belges détenant des actions américaines affirment avoir réduit leur exposition dans ces actifs. En revanche, la proportion de personnes qui augmente son exposition aux États-Unis est moins importante, à 18,6 %. Les autres personnes interrogées n’envisagent pas de changer leur exposition. Une tendance similaire peut être observée parmi les investisseurs dans les fonds ou les ETF américains et les investisseurs dans le dollar. Dans ces catégories également, environ un quart des investisseurs réduit son exposition américaine.
Les fonds qui ne sont plus investis dans des actifs américains sont transférés vers des comptes courants ou des comptes d’épargne, des produits d’épargne et d’investissement tels que les assurances de branche 23 ou des actions non américaines.
Les doutes des investisseurs européens à l’égard de l’Amérique ressortaient déjà d’une enquête similaire réalisée par Rabobank en juin dernier auprès de 1868 Néerlandais. Toujours selon cette enquête, environ un quart des personnes interrogées a indiqué avoir réduit ses placements américains.
Le président Donald Trump et les politiques américaines ont été fréquemment cités dans cette enquête comme les raisons pour lesquelles les investisseurs sont devenus plus réticents à investir aux États-Unis. Des mots tels que « incertitude », « imprévisibilité », « peu fiable » et « inconstant » sont revenus régulièrement.
Anti-américanisme ?
Au-delà des purs arbitrages financiers, il n’est pas exclu qu’une certaine forme d’anti-américanisme politique entre également en ligne de compte. Car la désaffection pour les produits financiers américains en Belgique s’accompagne d’un désintérêt croissant pour les marques et les biens de consommation outre-Atlantique. « Une tendance similaire à celle des produits financiers peut être observée dans l’achat de produits et de marques typiquement américains », écrit AG Insurance.
Lorsqu’on leur demande dans quelle mesure leurs achats de produits de marque américaine, tels que Coca-Cola, Oreo ou Nike, ont changé récemment, un peu plus d’un quart des Belges répondent qu’ils en achètent moins aujourd’hui, contre seulement 3,8 % qui en achètent plus.
Une autre indication : près de la moitié (44,5 %) des personnes interrogées pensent également que les entreprises belges et européennes devraient moins investir aux États-Unis. Seuls 3,7 % d’entre eux pensent que les entreprises européennes devraient augmenter leurs investissements aux États-Unis.
L’Amérique n’a plus la cote
Une étude récente de la section new-yorkaise de l’American Marketing Association (AMA) conclut que l’hostilité à l’égard des marques américaines a été multipliée par un facteur de 5 à 10 parmi les groupes de consommateurs interrogés au Canada, au Mexique et en France. Les consommateurs achètent moins de produits américains en réponse aux politiques de l’administration Trump, notamment les droits de douane sur les importations et la rhétorique qui leur est associée.
AMA New York craint que ces manifestations d’anti-américanisme ne deviennent « la nouvelle norme », mais estime que les marques américaines ont la possibilité de rétablir la confiance avec les clients étrangers. « Malgré la frustration et la confusion politiques actuelles, ces derniers continuent d’apprécier les marques américaines », peut-on lire.
Voici deux recommandations de l’association de marketing aux entreprises américaines : remplacer les symboles américains – tels que la bannière étoilée ou l’aigle américain – dans les publicités par des « valeurs universelles » telles que la famille ou la communauté, et faire en sorte que le marketing sur les marchés étrangers soit le plus localisé possible.